Assurance-vie : 4 services méconnus qui peuvent rendre votre contrat beaucoup plus utile

L’assurance-vie ne sert pas seulement à placer de l’argent sur un fonds en euros ou des unités de compte, puis à effectuer des rachats lorsque vous avez besoin de liquidités. De nombreux contrats proposent aussi des services qui peuvent changer sensiblement la manière de gérer son épargne : avance, arbitrages automatiques, sortie en rente ou garanties destinées à protéger les proches.

Ces dispositifs sont pourtant mal connus. Les assureurs les mettent rarement en avant et, surtout, tous les contrats ne proposent pas les mêmes options ni les mêmes conditions. Avant de souscrire une assurance-vie ou d’utiliser l’un de ces mécanismes, il faut donc regarder les conditions générales et les frais réels du contrat.

Voici quatre services d’assurance-vie à connaître, leur fonctionnement, leur coût et les situations dans lesquelles ils peuvent être intéressants.

1. L’avance sur assurance-vie : obtenir de l’argent sans effectuer de rachat

Qu’est-ce qu’une avance sur assurance-vie ?

L’avance permet au souscripteur d’obtenir temporairement une somme d’argent de son assureur sans effectuer de rachat sur son contrat.

Le principe est proche d’un prêt accordé par la compagnie d’assurance avec le contrat d’assurance-vie en garantie.

Vous recevez donc de l’argent mais votre épargne reste investie sur le contrat. Le capital continue à produire des intérêts ou à évoluer selon la performance des supports détenus.

C’est la principale différence avec un rachat : lors d’un rachat, une partie de l’épargne quitte définitivement le contrat.

Quel montant peut-on obtenir avec une avance ?

Le montant maximal dépend de l’assureur et des supports détenus.

Les contrats permettent généralement d’emprunter une proportion plus importante des sommes placées sur le fonds en euros que de celles investies en unités de compte.

À titre indicatif, les plafonds peuvent se situer autour de :

  • 70 à 80 % de l’épargne investie sur un fonds en euros ;
  • 50 à 60 % des sommes investies en unités de compte.

La différence s’explique facilement : la valeur des unités de compte peut baisser, alors que le capital du fonds en euros bénéficie d’une garantie prévue par le contrat.

Combien de temps peut durer une avance ?

L’avance n’est pas destinée à financer durablement les dépenses du souscripteur.

Elle est généralement accordée pour une durée maximale de 3 ans et peut, selon les contrats, être renouvelée, parfois 2 fois.

Cela peut donc théoriquement permettre de conserver une avance pendant plusieurs années, mais les conditions exactes varient fortement d’un assureur à l’autre.

Quel est le coût d’une avance sur assurance-vie ?

Une avance n’est évidemment pas gratuite.

L’assureur applique un taux d’intérêt. Celui-ci peut notamment être déterminé à partir du rendement du fonds en euros auquel s’ajoute une marge.

Les différences entre assureurs peuvent être importantes. Le coût réel de l’avance doit donc être vérifié avant de signer.

Il faut surtout comparer ce coût avec celui d’un crédit bancaire classique ou d’un crédit à la consommation. Une avance facturée à un taux élevé perd rapidement son intérêt.

Quelle fiscalité sur une avance ?

L’un des principaux avantages de l’avance est fiscal.

Comme il ne s’agit pas d’un rachat, les sommes reçues ne correspondent pas à un retrait des gains du contrat. L’avance ne déclenche donc pas, en elle-même, l’imposition applicable aux produits retirés lors d’un rachat.

C’est précisément ce qui peut rendre l’opération intéressante sur un contrat ancien comportant d’importantes plus-values.

Attention toutefois : une avance doit réellement conserver la nature d’un prêt. Une avance qui ne serait jamais remboursée et finirait par être assimilée à un retrait peut produire des conséquences différentes.

Dans quels cas utiliser une avance sur assurance-vie ?

L’avance convient surtout à un besoin temporaire de trésorerie.

Elle peut par exemple servir à financer :

  • un achat en attendant la vente d’un autre bien ;
  • un décalage de trésorerie de quelques mois ;
  • une dépense importante alors que vous ne souhaitez pas désinvestir immédiatement votre assurance-vie.

Elle est beaucoup moins adaptée à un besoin permanent de revenus.

Le choix entre avance et rachat dépend également de l’ancienneté du contrat. Après huit ans, la fiscalité des rachats devient généralement plus favorable, notamment grâce à l’abattement annuel applicable aux gains retirés. Il faut donc comparer l’économie fiscale réalisée grâce à l’avance avec les intérêts facturés par l’assureur.

2. Les options d’arbitrage automatique de l’assurance-vie

Les contrats multisupports permettent d’investir simultanément sur un fonds en euros et sur différentes unités de compte.

Normalement, le souscripteur doit lui-même décider quand déplacer son argent d’un support vers un autre. Mais certains contrats proposent des arbitrages automatiques.

L’idée est simple : définir à l’avance une règle de gestion, puis laisser l’assureur effectuer automatiquement les transferts lorsque les conditions prévues sont réunies.

L’investissement progressif

L’investissement progressif permet de placer progressivement une somme sur les unités de compte.

Au lieu d’investir 12 000 euros en une seule fois sur les marchés financiers, vous pouvez par exemple programmer des investissements de 1 000 euros par mois pendant douze mois.

Cette méthode réduit le risque d’investir toute la somme juste avant une forte baisse des marchés.

Elle présente néanmoins une contrepartie : si les marchés montent régulièrement pendant la période d’investissement, entrer progressivement peut produire une performance inférieure à celle d’un investissement effectué immédiatement.

Il ne s’agit donc pas d’une assurance contre les pertes, mais d’une manière d’étaler son point d’entrée.

La sécurisation automatique des plus-values

La sécurisation des plus-values permet de transférer automatiquement vers le fonds en euros une partie des gains obtenus sur une unité de compte.

Vous pouvez par exemple prévoir qu’une fois un certain niveau de plus-value atteint, les gains soient transférés vers le fonds en euros.

L’objectif est de protéger une partie des bénéfices accumulés contre une baisse ultérieure des marchés.

Ce mécanisme peut être intéressant pour les épargnants qui souhaitent investir en unités de compte sans surveiller constamment leur contrat.

La dynamisation des intérêts

Le mécanisme inverse existe également.

Les intérêts générés par le fonds en euros peuvent être automatiquement investis sur des unités de compte.

Le capital reste ainsi placé sur le fonds en euros tandis qu’une partie de la rémunération est progressivement orientée vers des placements présentant un potentiel de rendement supérieur mais également un risque de perte en capital.

Le stop loss

Certains contrats proposent aussi une option de limitation des pertes.

À partir d’un seuil de baisse déterminé à l’avance, les unités de compte concernées sont automatiquement vendues et les sommes transférées vers un support moins risqué, souvent le fonds en euros.

Cette option peut éviter de laisser une perte s’aggraver.

Mais elle possède également un défaut majeur : elle peut provoquer une vente juste avant un rebond des marchés. Le souscripteur transforme alors une baisse temporaire en perte définitive.

Combien coûtent les arbitrages automatiques ?

Cela dépend entièrement du contrat.

Certaines assurances-vie proposent gratuitement certaines options automatiques. D’autres facturent chaque opération.

Des frais d’arbitrage autour de 0,80 % par opération peuvent par exemple être prévus dans certains contrats.

Il faut également vérifier l’existence éventuelle de restrictions. Certaines assurances-vie autorisent gratuitement les arbitrages depuis ou vers certains supports mais facturent d’autres opérations.

Un service présenté comme pratique peut donc devenir coûteux si les arbitrages sont nombreux.

Tous les contrats proposent-ils ces options ?

Non.

Les options d’arbitrage dépendent du contrat, de l’assureur et parfois du distributeur.

L’investissement progressif est relativement fréquent. D’autres options, comme la sécurisation automatique des plus-values, la dynamisation des intérêts ou certains mécanismes de stop loss, sont beaucoup moins systématiques.

Il faut donc vérifier les conditions du contrat avant de souscrire plutôt que de supposer que ces fonctionnalités seront disponibles.

3. La rente viagère : transformer son assurance-vie en revenu à vie

Une assurance-vie peut également être transformée en rente.

Le souscripteur abandonne alors tout ou partie de son capital en échange d’un revenu versé périodiquement par l’assureur.

Ce revenu peut être mensuel, trimestriel ou annuel selon les contrats.

Comment fonctionne une rente viagère ?

La rente viagère est versée jusqu’au décès de l’assuré.

Son montant dépend notamment :

  • du capital converti ;
  • de l’âge de l’assuré au moment de la conversion ;
  • des caractéristiques de la rente choisie ;
  • des tables utilisées par l’assureur ;
  • des garanties supplémentaires éventuellement souscrites.

Plus la conversion intervient tard, plus la rente versée à capital identique peut généralement être élevée.

La sortie en rente est irréversible

C’est le point que les épargnants doivent bien comprendre: la conversion d’un capital en rente viagère est en principe irréversible.

Une fois le capital abandonné à l’assureur en échange de la rente, vous ne pouvez généralement plus demander la restitution de ce capital.

Cette rigidité explique pourquoi la rente reste relativement peu utilisée par les détenteurs d’assurance-vie.

Quelle différence entre rente et rachats programmés ?

Les rachats programmés permettent de retirer régulièrement une partie de son épargne tout en conservant la propriété du capital restant.

La rente viagère fonctionne différemment : le capital converti appartient à l’assureur en contrepartie de son engagement à verser la rente selon les conditions prévues.

Les rachats programmés offrent donc davantage de souplesse. La rente apporte en revanche une protection contre le risque de vivre très longtemps et d’épuiser son capital.

La rente avec garantie dépendance

Certains contrats permettent d’ajouter une garantie dépendance.

En cas de perte d’autonomie correspondant aux critères définis dans le contrat, le montant de la rente peut alors être augmenté.

Cette option peut servir à financer une partie des dépenses liées à la dépendance : aide à domicile, adaptation du logement ou établissement spécialisé.

Mais cette protection a un coût et peut réduire le montant initial de la rente.

La rente avec annuités garanties

Une autre option consiste à prévoir des annuités garanties.

Le contrat prévoit alors que la rente sera versée pendant une durée minimale déterminée.

Si le souscripteur décède avant la fin de cette période, le bénéficiaire désigné continue de recevoir la rente jusqu’au terme prévu.

Cette garantie répond à l’un des principaux défauts de la rente viagère classique : le risque de décéder peu de temps après avoir abandonné son capital.

Quel est le coût d’une sortie en rente ?

Certains contrats appliquent des frais spécifiques lors de la conversion du capital en rente.

Des frais d’arrérage pouvant atteindre 3 % peuvent exister dans certains contrats, ainsi que des frais sur encours autour de 1 % par an dans certains cas.

Ces chiffres ne constituent évidemment pas des tarifs universels : chaque contrat fixe ses propres conditions.

Avant d’opter pour une rente, il faut donc demander une simulation complète faisant apparaître :

  • le capital converti ;
  • le montant annuel ou mensuel de la rente ;
  • les frais ;
  • les éventuelles garanties ;
  • le montant versé en cas de réversion ;
  • les conséquences fiscales.

4. Les garanties pour protéger ses proches avec l’assurance-vie

L’assurance-vie bénéficie déjà d’un régime particulier en matière de transmission.

Pour les primes versées avant 70 ans, les capitaux transmis peuvent notamment bénéficier, sous certaines conditions, d’un abattement pouvant atteindre 152 500 euros par bénéficiaire.

Pour les primes versées après 70 ans, un autre régime s’applique, avec notamment un abattement global de 30 500 euros sur les primes concernées, tandis que les gains suivent un traitement distinct.

Mais certains contrats vont plus loin en proposant des garanties de prévoyance.

La garantie plancher

La garantie plancher vise principalement les contrats comportant des unités de compte.

Supposons qu’une personne ait versé 100 000 euros sur son assurance-vie mais que la valeur du contrat ne soit plus que de 80 000 euros au moment de son décès à cause d’une baisse des marchés.

Une garantie plancher peut prévoir que les bénéficiaires reçoivent au minimum un montant correspondant aux versements retenus par le contrat, dans les limites et conditions prévues.

L’assureur prend alors en charge tout ou partie de la différence.

Cette garantie peut donc éviter qu’une forte baisse des marchés juste avant le décès réduise fortement le capital transmis.

Les limites de la garantie plancher

Comme toujours avec les assurances, il faut lire les petites lignes.

La garantie peut comporter :

  • un âge limite ;
  • un plafond d’indemnisation ;
  • certaines exclusions ;
  • des conditions particulières de calcul.

Selon les contrats, elle peut par exemple ne plus s’appliquer au-delà de 70 ou 80 ans.

Le montant maximal pris en charge par l’assureur peut également être plafonné à quelques milliers ou dizaines de milliers d’euros.

La majoration du capital décès

Certains contrats permettent également de prévoir un capital décès supérieur à la seule valeur du contrat.

En cas de décès, l’assureur verse alors aux bénéficiaires un capital supplémentaire défini dans les conditions du contrat.

Cette garantie transforme partiellement l’assurance-vie en outil de prévoyance.

Elle entraîne naturellement un coût supplémentaire.

L’option de réversion

Une rente peut également être réversible.

Dans ce cas, après le décès du bénéficiaire initial de la rente, tout ou partie de celle-ci continue à être versée à une autre personne, généralement le conjoint.

Le taux de réversion peut être de 100 %, 60 %, 50 % ou d’un autre niveau prévu par le contrat.

Plus la protection accordée au bénéficiaire de la réversion est importante, plus le montant initial de la rente versée au souscripteur est généralement faible.

L’épargne handicap bénéficie d’un régime particulier

Certains contrats d’assurance-vie souscrits par des personnes en situation de handicap peuvent relever du dispositif appelé « épargne handicap ».

Il peut permettre de bénéficier d’une réduction d’impôt calculée sur une partie des versements, sous réserve de respecter les conditions prévues par la réglementation.

La réduction d’impôt correspond à 25 % des versements retenus dans une certaine limite annuelle, avec une majoration possible en fonction des personnes à charge.

Ce régime est soumis à plusieurs conditions concernant notamment la durée du contrat et la situation de la personne assurée. Il convient donc de vérifier les règles fiscales applicables au moment de la souscription ou du versement.

Avant de souscrire, regardez les services et pas seulement le rendement

Les comparateurs d’assurance-vie se focalisent souvent sur trois critères : rendement du fonds en euros, nombre d’unités de compte et frais de gestion.

C’est insuffisant.

Deux contrats affichant des performances et des frais similaires peuvent être très différents si l’un propose une avance peu coûteuse, des arbitrages automatiques gratuits ou une garantie plancher intéressante tandis que l’autre ne propose rien de tout cela.

Il faut donc vérifier avant la souscription :

  • les conditions d’accès à l’avance et son taux ;
  • le montant maximal pouvant être emprunté ;
  • la durée et les possibilités de renouvellement ;
  • les options d’arbitrage disponibles ;
  • les frais facturés à chaque opération ;
  • les possibilités de sortie en rente ;
  • les frais appliqués à la rente ;
  • les garanties décès et leurs plafonds ;
  • les limites d’âge ;
  • les possibilités de réversion.

Les assureurs communiquent beaucoup sur les performances passées et beaucoup moins sur ces conditions. Pourtant, lorsqu’un besoin de trésorerie, une baisse des marchés ou une succession survient, ce sont précisément ces clauses qui peuvent faire la différence.

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