Le système de Ponzi

L’arnaque à la pyramide de Ponzi ne cesse d’alimenter les annales du crime financier. Popularisée par l’affaire Madoff, elle a refait surface au travers de nombreuses escroqueries d’ampleur, dont une quinzaine ont été percées à jour seulement en mai 2018. Mais comment opèrent ces escrocs ? Comment fonctionne le système de Ponzi, sur lequel s’appuient ces voleurs de la finance ? Tour d’horizon sur le mode opératoire des escroqueries reposant sur la pyramide de Ponzi.

Pour une raison ou pour une autre, ce soi-disant financier que vous venez de rencontrer lors d’une soirée (ou sur un forum Internet) s’est soudainement intéressé à votre personne.

Pour lui, vous avez le flair pour distinguer les affaires prometteuses quand vous en voyez. Il n’offre ce conseil qu’à ses amis les plus proches, mais il est prêt à faire une exception pour vous.

Il dit que si vous saisissez cette opportunité, vous bénéficierez en premier des fruits de ce business. De plus, l’affaire est sécurisée et vous permettra de récupérer votre investissement en un rien de temps. Voyant que vous ne mordez pas encore à l’appât, il vous demande de vous renseigner auprès de quelques connaissances, qui ont investi le mois dernier et ont déjà vu des rendements.

Vous demandez à ces connaissances, qui confirment bien le succès de leur investissement.

Alors, pourquoi ne pas verser ces milliers d’euros avant qu’il ne soit trop tard ? Bien qu’il y ait du vrai dans ce que disent vos amis de confiance, il vaut mieux refuser ce genre d’affaires. Car vous avez probablement devant vous une arnaque à la pyramide de Ponzi.

Pyramide de Ponzi : les points clés à retenir

Si le système de Ponzi d’origine s’est effondré dans les années 1920, il s’est décliné dans de nombreux modes opératoires suivant le stratagème des escrocs. L’affaire Madoff en 2008 (voir  Scandale Madoff: la liste complète des victimes ) en est un brillant exemple.

Voici quelques indices qui doivent vous indiquer qu’il s’agit d’une pyramide de Ponzi :

  • La proposition d’affaire promet des rendements élevés (de l’ordre de 6 à 50%) à très faible risque.
  • Les investissements ne passent pas par les autorités financières.
  • L’accord garantit des bénéfices constants, quelles que soient les conditions économiques.
  • Les rouages de l’opportunité commerciale sont trop compliqués à expliquer.
  • Aucun document juridique n’atteste de l’existence de la société (fictive) du promoteur.
  • Les investisseurs pris au piège auront du mal à récupérer leur argent.

Pyramide de Ponzi : un peu d’histoire

On est à Boston en 1919. Le soi-disant financier Charles Ponzi fonde sa société financière avec un argument de vente un peu particulier : « prêtez-moi votre argent, et vous gagnerez 50% d’intérêt trois mois après ». L’idée séduit près de 30 000 personnes qui s’empressent alors d’investir dans la nouvelle société. Le montant des fonds collectés se compte rapidement en millions de dollars.

Peu importe comment on l’appelle (pyramide de Ponzi, chaîne de Ponzi, dynamique de Ponzi ou encore schéma de Ponzi), l’énorme système créé par l’escroc allait devenir la plus grande arnaque de l’histoire de l’investissement. Et pour cause, l’affaire en question ne repose que sur des fraudes : Ponzi ne fait que convaincre ses clients d’investir dans le capital de sa société, qui a pour activité la revente de timbres postaux. De sa vie, Charles Ponzi n’a d’ailleurs jamais acheté un seul timbre.

Comment le système de Ponzi a-t-il perduré ?

La promesse de vente a de quoi séduire les investisseurs les plus sceptiques. Ponzi promet de doubler leur rendement en 3 mois : on mise donc 1 000 euros en janvier pour toucher ensuite 2 000 euros en mars. De quoi constituer un capital à forte rentabilité à l’heure où le taux d’intérêt des épargnes tourne plutôt autour de 2,5% par an.

Vous vous demandez comment Ponzi paie-t-il ses clients ? Alors, là aussi, c’est très simple : l’escroc rémunère ses clients les plus anciens avec l’argent des nouveaux clients qu’il vient de recruter.  Il s’agit donc d’une stratégie de redistribution des richesses pour rémunérer les clients qui risquent de s’impatienter.

Mais là où ça se corse, c’est lorsqu’un ancien client demande à retirer son argent et ses intérêts. Ponzi refuse en trouvant toujours des excuses du genre : « vous allez encore maximiser vos bénéfices en gardant votre argent dans la société pendant 3 mois ». Les trois mois, c’est le temps nécessaire pour trouver de nouvelles victimes pour rembourser l’argent du client impatient.

Mais il faut dire que la pyramide de Ponzi (ou tout autre système reposant sur la pyramide) risque à tout moment de s’écrouler. À ce stade, toutes les victimes qui n’ont pas réussi à retirer leur argent auront tout perdu, y compris la mise et les bénéfices promis.

Qu’en est-il de l’affaire Madoff ?

Ce célèbre financier new-yorkais, qu’on appelle « la Légende du Wall Street », est un véritable escroc qui a profité de sa réputation pour réaliser le plus grand casse du siècle : 65 milliards de dollars engloutis dans son faramineux business. Son mode opératoire emprunte celui de Ponzi mais promet, en revanche, 10% de rendement par an.

Le système Bonofa

Un autre célèbre exemple de pyramide de Ponzi est le système Bonofa, un système pyramidal allemand qui a détourné plus de 20 millions d’euros et escroqué 60000 personnes. les 2 dirigeants du système Bonofa, Detlef Tilgenkamp et Thomas Kulla, avaient un train de vie luxueux, alimenté par leur pyramide de Ponzi distribuée via plusieurs réseaux dont un site de bourse en ligne.

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