L’effondrement du taux du livret A à 1,5 % au 1er février 2026 change clairement la donne. Le placement préféré des Français continue certes d’être utile pour sécuriser une épargne de précaution, mais il ne rapporte plus rien une fois l’inflation déduite. Les particuliers qui veulent enfin obtenir un rendement correct doivent regarder ailleurs. Et il existe des options plus efficaces, accessibles et pas forcément risquées .
Pourquoi le livret A ne suffit plus pour faire fructifier son argent
Le rendement du livret A est passé de 3 % début 2025 à 1,5 % début 2026. Ce niveau ramène le produit à son plus bas depuis quatre ans. Le taux couvre à peine l’inflation annuelle attendue autour de 1,3 %, ce qui revient à conserver du pouvoir d’achat mais certainement pas à en gagner .
Malgré cette faiblesse, il reste utile grâce à son absence d’impôt et à sa disponibilité immédiate. Mais pour chercher un rendement supérieur sans se jeter dans des produits absurdes, il faut sortir de la seule épargne réglementée.
Pourquoi l’assurance vie reprend la main en 2026 ?
L’assurance vie attire davantage les Français que les livrets réglementés, avec un encours de 2 106 milliards d’euros fin 2025. Elle s’impose désormais comme le placement le plus polyvalent pour diversifier, protéger son capital et améliorer le rendement de son épargne .
Les fonds en euros affichent une performance plus séduisante : autour de 2,7 % en moyenne, certaines compagnies dépassant même les 3,5 % ou 4 % nets de frais avant impôt. Ces fonds offrent en plus une garantie en capital comparable à celle du livret A, ce qui en fait une alternative robuste pour ceux qui veulent sécuriser tout en gagnant davantage.
Dans les contrats, la structure en 2 poches permet d’adapter son niveau de risque : une poche sécurisée en euros et une poche en unités de compte (actions, obligations…). Ceux qui veulent éviter le risque peuvent choisir des contrats 100 % fonds en euros, à condition de bien examiner les frais, notamment les frais de gestion et d’arbitrage, qui peuvent grignoter le rendement réel.
Pourquoi le plan épargne retraite revient dans le jeu ?
Le plan épargne retraite (PER) n’est pas seulement un produit de long terme. Il offre un avantage immédiat rarement mis en avant : la possibilité de déduire de ses revenus imposables les sommes versées chaque année. Il suffit parfois de 10 à 100 € pour l’ouvrir, ce qui le rend accessible même à ceux qui veulent tester l’outil avant d’y mettre davantage .
Le PER est une enveloppe comparable à l’assurance vie : on peut y loger des actions, obligations, fonds indiciels, selon son appétence au risque. L’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf exceptions prévues par la loi (achat de la résidence principale, panne de revenus…). La diversification reste indispensable pour lisser les risques.
Pourquoi ouvrir un plan d’épargne en actions même avec 10 €
Le PEA reste l’un des meilleurs leviers de croissance du patrimoine sur le long terme. Les dividendes et plus-values deviennent exonérés d’impôt après 5 ans de détention (hors prélèvements sociaux). Le plafond de versement à 150 000 € laisse une grande marge de manœuvre pour investir progressivement .
Le premier réflexe conseillé est simple : ouvrir un PEA dès 18 ans, même avec 10 €. Ce geste permet « de prendre date » et d’activer le compteur fiscal le plus tôt possible. Pour limiter les risques, les ETF (fonds indiciels) sont privilégiés par les experts.
Pourquoi les ETF dominent désormais l’investissement simple et efficace
Un ETF reproduit automatiquement la performance d’un indice (CAC 40, Nasdaq…), d’un secteur (énergie…) ou d’une matière première (or…). Un seul titre peut réunir des centaines d’entreprises, ce qui dilue le risque tout en simplifiant le choix des titres. Certains ETF se négocient autour de 5 €, permettant même aux plus petits budgets d’investir sans se disperser .
Pour un particulier français qui veut investir régulièrement, les ETF restent la solution la plus rationnelle : faibles frais, diversification immédiate, simplicité d’achat et de vente, visibilité sur la composition.
Pourquoi l’or et l’argent restent des refuges… mais pas des valeurs de rendement
Ces métaux ont flambé en 2025 : +70 % pour l’or, +150 % pour l’argent. Ils profitent directement des tensions géopolitiques, de l’inflation et de l’incertitude mondiale. Ce sont des valeurs refuge, transportables et universellement reconnues .
Mais en 2026, la prudence s’impose. Les experts recommandent rarement d’y consacrer plus de 5 à 10 % de son patrimoine. Et pour ceux qui en possèdent déjà, la hausse des cours peut être l’occasion de prendre une plus-value.
L’intérêt limité des livrets à taux boostés
Ces livrets affichent des taux séduisants, parfois entre 3 % et 5 %, mais seulement pendant deux à six mois. Ensuite, le taux s’effondre souvent sous celui du livret A, avec en plus une fiscalité classique. Ils fonctionnent comme des promotions bancaires temporaires et ne doivent servir que comme relais avant un placement de plus long terme .
Investir dans les voitures anciennes, l’art ou le vin : un plaisir avant tout
Ces placements ne doivent intervenir qu’en dernier ressort. Ils relèvent davantage de la passion que de la logique financière. Ils exigent une expertise pointue et un horizon long. Au mieux, ils offrent un rendement. Au pire, il reste le plaisir de posséder un bel objet ou une belle bouteille. Pour la majorité des particuliers, ils ne constituent pas une stratégie d’épargne rationnelle .
Les cryptoactifs restent encore plus risqués : très volatils, spéculatifs, sans dividende ni intérêt. Leur rôle dans une stratégie patrimoniale doit rester limité.
Ce que doivent retenir les particuliers français qui veulent investir intelligemment
Les Français n’ont jamais autant épargné : le taux d’épargne atteint 18,7 %, et le bas de laine total avoisine les 6 000 milliards d’euros. Mais cette accumulation reste souvent mal utilisée, faute d’informations fiables et de pédagogie financière. Beaucoup ne font pas la différence entre un livret A, une assurance vie ou un PEA, et se retrouvent dépendants des conseils rarement désintéressés de leur conseiller bancaire .
Pour sortir de cette dépendance, un principe simple s’impose : comprendre les produits avant d’investir, et agir tôt pour laisser le temps faire son travail. Ceux qui commencent jeunes, diversifient, évitent les modes et restent disciplinés, s’assurent une progression solide.
