L’ assurance-vie est un des placements préférés des français et il contient tellement de milliards d’euros d’épargne qu’il pourrait payer entièrement la dette française !
Lors de la période électorale et après l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 et en 2022 , les épargnants en assurance-vie ont tremblé car la tentation était forte pour le gouvernement de venir ponctionner cette masse d’argent pour payer la dette français et injecter de l’argent dans l’économie.
C’est finalement l’immobilier qui a trinqué avec la réforme de l’ISF transformée en Impôt sur l’Immobilier (IFI).
Voici concrètement quelle est la fiscalité de l’assurance-vie:
(A noter que tout au long de votre contrat, vous n’avez pas à déclarer votre assurance-vie aux impôts. L’imposition est appliquée uniquement lorsque vous effectuez un rachat partiel ou total, un prélèvement étant effectué sur les gains obtenus.)
Imposition de l’assurance-vie pendant la phase d’épargne
Contrairement à d’autres placements, la fiscalité de l’assurance-vie n’intervient que lors d’un rachat, qu’il soit partiel ou total. Tant que votre argent reste investi, vous ne payez aucun impôt sur les gains. Cette caractéristique fait de l’assurance-vie un produit très attractif pour les épargnants patients qui cherchent à faire fructifier leur capital sans être immédiatement ponctionnés par l’administration fiscale.
Mais attention, tous les retraits ne sont pas traités de la même manière. Prenons un exemple simple : vous retirez 15 000 € d’un contrat dont 1 200 € représentent des intérêts. Seule cette plus-value de 1 200 € sera imposée, les 13 800 € restants étant considérés comme du capital initial et donc exonérés.
IMPOSITION DES GAINS DE L’ASSURANCE-VIE AVANT 8 ANS
Si vous effectuez un rachat avant les 8 ans du contrat, la fiscalité est plus lourde. Depuis la réforme du prélèvement forfaitaire unique en 2018, la fameuse flat tax, les plus-values comprises dans votre retrait sont imposées à 30 % : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Aucun abattement ne vient réduire la base avant le huitième anniversaire du contrat. Vous retirez, l’assureur ponctionne, point.
Un exemple parle mieux qu’un barème. Rachat de 50 000 €, dont 5 000 € de gains. Avec la flat tax, ces 5 000 € sont taxés à 30 %, soit 1 500 €. Vous touchez donc 48 500 € sur les 50 000 € demandés, le capital de 45 000 € ressortant en franchise totale.
Attention à un point que peu de conseillers détaillent : le taux de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu n’est pas figé. Vous pouvez, sur votre déclaration, opter pour l’imposition au barème progressif si c’est plus avantageux. Ça l’est rarement pour les revenus moyens et élevés. Mais pour un contribuable peu ou pas imposable, l’option barème permet de récupérer tout ou partie de la fraction d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restant alors dus. Beaucoup l’ignorent et laissent filer cet argent.
Concrètement, l’année du rachat, l’assureur prélève d’office un acompte, le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %, régularisé ensuite lors de votre déclaration de revenus de l’année suivante. Si le barème progressif vous est finalement plus favorable, le trop-perçu vous est restitué. Ce n’est donc pas parce que l’assureur a prélevé 12,8 % à la source que la messe est dite : la régularisation se joue à la déclaration.
IMPOSITION DE L’ASSURANCE-VIE APRÈS 8 ANS
L’assurance-vie devient vraiment intéressante après 8 ans de détention. Passé ce cap, deux mécanismes se combinent en votre faveur.
D’abord un abattement annuel sur les gains : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement se renouvelle chaque année civile. Tant que la part de gains contenue dans vos rachats de l’année reste sous ce plafond, vous ne payez aucun impôt sur le revenu, seulement les prélèvements sociaux.
Ensuite un taux réduit. Au-delà de l’abattement, le taux d’impôt sur le revenu tombe à 7,5 % au lieu de 12,8 %, pour la fraction de gains correspondant à des versements inférieurs ou égaux à 150 000 €, tous contrats confondus. Au-delà de ce seuil de 150 000 € de versements, la fraction concernée reste taxée à 12,8 %, ce qui demeure plus doux que le régime d’avant 8 ans. Les 17,2 % de prélèvements sociaux, eux, s’appliquent dans tous les cas.
Prenons un couple qui retire 15 000 € après 10 ans de contrat, dont 5 000 € de plus-values. L’abattement de 9 200 € couvre entièrement ces 5 000 € de gains. Résultat : zéro impôt sur le revenu, et seulement 860 € de prélèvements sociaux (17,2 % de 5 000 €). Sur un contrat de moins de 8 ans, la même opération aurait coûté 1 500 € de flat tax. L’écart n’a rien d’anecdotique.
D’où un réflexe qui fait gagner de l’argent : après 8 ans, mieux vaut étaler ses retraits sur plusieurs années civiles pour rester sous l’abattement, plutôt que de tout sortir d’un coup. Un rachat en décembre puis un autre en janvier tombent sur deux années fiscales distinctes, donc deux abattements de 4 600 € ou 9 200 €. Sortir 18 000 € de gains en une fois, ou les fractionner sur quatre ans pour un couple, ne coûte pas la même chose en impôt. Demandez toujours à votre assureur le détail de la part de gains contenue dans le rachat avant de valider : vous saurez exactement ce qui sera taxé.
Prélèvements sociaux et assurance-vie
Que vous soyez dans votre première ou votre dixième année de contrat, il est essentiel de se rappeler que les prélèvements sociaux s’appliquent toujours sur les gains réalisés. Depuis 2018, ils s’élèvent à 17,2 %, et sont directement prélevés par l’assureur lors de vos rachats. À noter que les supports en euros, qui sont garantis, subissent les prélèvements sociaux annuellement, même sans retrait.
CE QUI CHANGE EN 2026 : L’OPTION FISCALE DEVIENT RÉVOCABLE
Voici une évolution récente que la plupart des épargnants n’ont pas vue passer. Jusqu’ici, l’option pour le prélèvement forfaitaire au moment du rachat était considérée comme définitive : une fois le choix fait, impossible de revenir dessus. Depuis la loi de finances pour 2026, cette option peut être révoquée après coup, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026.
En clair, si vous constatez au moment de déclarer vos revenus que le barème progressif vous serait plus favorable que la flat tax, vous n’êtes plus enfermé dans votre choix initial. C’est un assouplissement discret mais réel, surtout utile aux contribuables dont la situation fiscale varie d’une année sur l’autre : une année blanche, un passage à la retraite, une baisse de revenus. Le réflexe à garder en tête : au moment de la déclaration, comparez ce que donne la flat tax et ce que donne le barème, et retenez le moins-disant. Rien ne vous oblige à subir l’acompte prélevé par l’assureur si un autre calcul vous avantage.
Pour le reste, bonne nouvelle pour les détenteurs de contrats : le régime de faveur de l’assurance-vie sort intact des dernières lois de finances. L’abattement de 4 600 € ou 9 200 €, le taux réduit de 7,5 % après 8 ans, le seuil des 150 000 € de versements, rien n’a été raboté. La mécanique décrite plus haut reste valable.
Exonérations fiscales possibles sur l’assurance-vie
Dans certaines situations, vous pourriez être entièrement exonéré d’impôt sur le revenu. C’est notamment le cas en cas de licenciement, de mise en retraite anticipée, de liquidation judiciaire ou d’invalidité de 2e ou 3e catégorie. Cependant, ne comptez pas sur une rupture conventionnelle pour obtenir cette exonération, car l’administration fiscale considère qu’il s’agit d’une rupture consentie, donc non éligible. De plus, pour bénéficier de cette exonération, vous devrez fournir des justificatifs à votre assureur, alors mieux vaut être rigoureux sur ce point.
Fiscalité en cas de décès
L’assurance-vie reste également un des rares produits permettant d’optimiser la transmission de votre patrimoine. Si vous avez effectué des versements avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire désigné pourra recevoir jusqu’à 152 500 € sans payer de droits de succession. Au-delà de ce montant, une taxation de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 €, puis de 31,25 % au-delà. En revanche, pour les versements effectués après 70 ans, un abattement global de seulement 30 500 € s’applique, et les capitaux versés au-delà de cette somme sont soumis aux droits de succession classiques. Les intérêts, quant à eux, restent exonérés.
Bien gérer les rachats de l’assurance-vie
Si vous envisagez un rachat partiel ou total, sachez que le calcul de l’imposition ne se fait pas au prorata des supports sur lesquels vous investissez. Vous ne pouvez donc pas « cibler » les supports les moins rentables pour minimiser la fiscalité. L’administration considère que chaque retrait comprend une part de capital et une part de plus-values.
Pour optimiser votre fiscalité, il est donc conseillé de procéder à des rachats partiels avant de clôturer votre contrat. En laissant une petite somme sur le contrat jusqu’en début d’année suivante, vous pourrez bénéficier de la participation aux bénéfices sur la totalité de votre contrat.
Assurance-vie et IFI
Du temps de l’ISF, les contribuables qui y étaient soumis devaient déclarer l’ensemble des gains générés par les contrats d’assurance-vie. Depuis la loi de finances 2018, la majorité des contrats d’assurance-vie échappe à l’IFI.
Mais passent à l’IFI les fractions d’assurance-vie intégrant des actifs immobiliers comme des :
- parts de supports financiers investis dans des biens ou droits immobiliers ;
- parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ;
- parts d’organismes de placement collectif immobilier (OPCI).
Pour ces produits, les gains entrent dans le calcul de l’assiette de l’IFI.
En résumé, l’assurance-vie reste indéniablement un produit fiscalement intéressant, mais il est essentiel de comprendre ses rouages avant de vous lancer. Qu’il s’agisse des seuils d’imposition, des abattements ou des exonérations, chaque décision doit être réfléchie en fonction de votre situation fiscale et patrimoniale. Ne vous laissez pas aveugler par les promesses des banquiers et des assureurs qui cherchent souvent à vous faire souscrire des contrats sans expliquer en détail les conséquences fiscales sur le long terme. Un mauvais choix aujourd’hui pourrait vous coûter cher demain.
