Depuis le 1er mars 2011, les plans épargne logement (PEL) ont une durée de vie maximale de 15 ans. Conséquence directe : les premiers PEL concernés par cette limitation arrivent à échéance en 2026. Pour leurs détenteurs, une question se pose immédiatement : où placer l’argent d’un PEL clôturé après 15 ans ?
La réponse dépend du montant disponible, de votre âge, de votre horizon de placement, de votre fiscalité et surtout de vos projets. Livret A, assurance vie, PEA, PER, compte à terme ou nouveau PEL : les solutions ne manquent pas, mais elles sont loin de se valoir.
L’enjeu financier est considérable. D’ici à 2030, environ 36 % des PEL devraient être clôturés, représentant 93 milliards d’euros d’encours. Le pic est attendu en 2030, avec 1,1 million de plans et 28 milliards d’euros concernés.
Pourquoi les PEL ouverts en 2011 sont-ils clôturés après 15 ans ?
Les règles du PEL dépendent fortement de sa date d’ouverture. Les plans ouverts depuis le 1er mars 2011 ne peuvent pas être conservés indéfiniment. Leur durée maximale est limitée à 15 ans.
Un PEL ouvert en 2011 arrive donc à échéance en 2026. Cette situation est d’autant plus sensible que ces anciens plans ont offert pendant 15 ans une rémunération de 2,5 %, avec un capital sécurisé.
Lorsque le PEL atteint sa durée maximale, il cesse d’exister en tant que tel. Si vous ne prenez aucune initiative avant l’échéance, la banque transforme automatiquement le PEL en compte sur livret bancaire, également appelé CSL.
Cette solution par défaut est rarement la plus intéressante. Le capital reste disponible et garanti, mais la rémunération est librement fixée par la banque, les intérêts sont fiscalisés et aucun plafond de versement ne s’applique. Laisser la banque décider à votre place peut donc revenir à placer plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un produit médiocrement rémunéré.
Faut-il ouvrir un nouveau PEL après la clôture de l’ancien ?
C’est la solution la plus évidente, mais pas nécessairement la meilleure.
En 2026, un nouveau PEL rapporte 2 % brut. Ses intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ce qui ramène son rendement à environ 1,4 % net.
Le problème est simple : cette rémunération est inférieure à celle de plusieurs placements sans risque ou à capital garanti. Elle est notamment moins attractive que le rendement moyen récemment servi par les fonds en euros de l’assurance vie.
Le PEL conserve néanmoins une particularité : il permet d’acquérir des droits à prêt immobilier. Mais là encore, il faut examiner le taux du prêt associé au plan et le comparer aux conditions du marché au moment où vous envisagez d’emprunter. Un droit à prêt n’est pas automatiquement une bonne affaire.
Ouvrir mécaniquement un nouveau PEL simplement parce que l’ancien vient d’être clôturé n’a donc guère de sens. Il faut comparer le rendement net, la disponibilité de l’épargne et l’intérêt réel des droits à prêt.
Le CEL est-il intéressant pour financer un projet immobilier ?
Pour un achat immobilier ou des travaux de rénovation, le compte épargne logement (CEL) peut être envisagé. Il permet, sous certaines conditions et après une durée minimale de détention de 18 mois, d’obtenir des droits à prêt.
Mais sa rémunération est particulièrement faible : 1 % brut, soit environ 0,69 % net.
Le CEL présente surtout l’avantage de conserver une épargne disponible tout en accumulant des droits à prêt. Il peut avoir une utilité dans certaines stratégies immobilières, mais il est difficile de le défendre comme simple placement destiné à faire fructifier plusieurs dizaines de milliers d’euros.
L’assurance vie pour remplacer un PEL arrivé à échéance
Pour un épargnant qui a conservé son argent pendant 15 ans sur un PEL, l’assurance vie constitue souvent une suite logique. Elle permet de combiner sécurité, disponibilité de l’épargne, diversification et avantages fiscaux à long terme.
En 2025, le rendement moyen des fonds en euros a atteint 2,63 %. Certains contrats ont largement dépassé cette moyenne, avec des performances supérieures à 3 %, voire 4 %.
Il faut toutefois rester méfiant face aux taux promotionnels spectaculaires. Les assureurs imposent souvent des conditions : montant minimum de versement, proportion obligatoire d’unités de compte ou durée limitée de la bonification.
Or les unités de compte ne garantissent pas le capital. Un taux bonifié sur le fonds en euros ne doit donc jamais faire oublier le risque pris sur la partie investie en actions, obligations, immobilier ou autres actifs financiers.
Le bon réflexe consiste à regarder le rendement global du contrat, les frais, la part d’unités de compte exigée et la durée réelle de la promotion. Une offre affichant 5 % peut être moins intéressante qu’un contrat plus sobre si elle oblige à prendre un risque disproportionné.
Quelle fiscalité pour l’assurance vie après la clôture d’un PEL ?
La fiscalité constitue l’un des principaux intérêts de l’assurance vie, notamment pour une épargne de long terme.
En cas de retrait, seuls les gains compris dans le rachat sont susceptibles d’être imposés. Le capital versé n’est pas taxé comme un revenu.
Après huit ans de détention du contrat, un abattement annuel sur les gains retirés s’applique à hauteur de :
- 4 600 euros pour une personne seule ;
- 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune.
Au-delà de ces montants, la fiscalité dépend notamment de la date des versements et du montant total investi.
Pour une personne habituée à conserver son épargne sur une longue durée, ouvrir une assurance vie rapidement après la clôture du PEL permet également de faire démarrer le compteur fiscal des huit ans.
Le PEA pour investir l’argent d’un PEL en Bourse
Le plan d’épargne en actions (PEA) s’adresse aux épargnants prêts à accepter des fluctuations de leur capital en échange d’un potentiel de rendement supérieur à long terme.
À la fin de l’année 2024, environ 7,2 millions de PEA étaient ouverts en France. Ce placement permet d’investir notamment dans des actions et certains fonds éligibles.
Contrairement au fonds en euros d’une assurance vie ou aux livrets réglementés, le capital n’est pas garanti. Une baisse des marchés peut provoquer une perte, temporaire ou définitive.
Le PEA possède néanmoins une fiscalité avantageuse après cinq ans. Les gains sont alors exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux.
Attention également aux retraits effectués avant cinq ans : sauf exceptions prévues par la réglementation, ils entraînent la clôture du plan.
Pour placer une somme provenant d’un PEL, le PEA peut donc être pertinent pour la fraction de l’épargne dont vous n’avez pas besoin à court terme et sur laquelle vous acceptez un risque de perte.
Le PER pour préparer sa retraite après la clôture du PEL
Le plan d’épargne retraite (PER) peut être une autre destination pour l’argent libéré par la clôture d’un PEL, notamment pour les contribuables fortement imposés qui souhaitent préparer leur retraite.
Son principal avantage réside dans la possibilité de déduire certains versements volontaires du revenu imposable, dans les limites prévues par la réglementation.
Mais cet avantage fiscal ne doit pas masquer la contrainte principale du PER : l’argent est en principe bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, notamment pour l’acquisition de la résidence principale ou certains accidents de la vie.
Depuis 2026, les versements réalisés après 70 ans ne bénéficient plus de la déduction fiscale à l’entrée. Pour une personne ayant atteint cet âge ou faiblement imposée, le PER perd donc une partie importante de son intérêt.
Il ne faut surtout pas verser automatiquement tout le capital d’un ancien PEL sur un PER uniquement pour profiter d’une économie d’impôt. Il faut d’abord vérifier son taux marginal d’imposition, son besoin de liquidités et les conditions de sortie.
L’assurance vie après 70 ans reste-t-elle intéressante ?
Oui, même si la fiscalité successorale diffère selon l’âge auquel les primes ont été versées.
Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire peut profiter, sous certaines conditions, d’un abattement de 152 500 euros. Au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 euros par bénéficiaire, puis un taux de 31,25 % au-delà.
L’assurance vie peut donc présenter un intérêt important dans une stratégie de transmission. Elle ne doit toutefois pas être choisie uniquement pour sa fiscalité successorale : les frais du contrat, les supports disponibles, les performances et la rédaction de la clause bénéficiaire doivent également être examinés.
Livret A, LDDS et LEP : où placer son argent sans risque ?
Pour les épargnants qui refusent toute prise de risque, les livrets réglementés restent une solution simple. Le capital est disponible et les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Les principaux plafonds de versement sont de :
- 22 950 euros pour le Livret A ;
- 12 000 euros pour le LDDS ;
- 10 000 euros pour le LEP, sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité.
Un PEL peut contenir jusqu’à 61 200 euros de versements, hors intérêts capitalisés. Même en remplissant simultanément un Livret A, un LDDS et un LEP, une partie importante du capital peut donc rester à placer.
En juillet 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,50 % net, tandis que le taux du LEP est de 2,50 %. Ces taux doivent être révisés au 1er août 2026. Une hausse à 1,80 % pour le Livret A et le LDDS et une évolution du LEP à 2,30 % sont alors envisagées.
Le principal avantage des livrets réglementés est évident : aucun risque de perte en capital, aucune fiscalité et une disponibilité immédiate. Leur principal défaut est tout aussi clair : leurs plafonds et leur rendement limitent leur intérêt pour une épargne importante destinée au long terme.
Les super livrets sont-ils une bonne solution après un PEL ?
Les livrets bancaires à taux boosté peuvent être intéressants pour placer temporairement une somme importante, par exemple en attendant un achat immobilier ou une décision d’investissement.
Certaines offres promotionnelles affichent des taux bruts de 5 %, 5,5 % ou même 6 %, généralement pendant deux ou trois mois.
Mais les banques savent parfaitement mettre en avant le taux promotionnel et beaucoup moins le rendement réel sur une année entière. Une fois la période de bonification terminée, la rémunération peut retomber brutalement.
Le taux moyen des livrets bancaires hors promotions se situe autour de 0,8 % selon les données citées dans le document source.
Il faut donc toujours vérifier quatre éléments : la durée de la promotion, le plafond bénéficiant du taux boosté, le taux standard appliqué ensuite et la fiscalité. Contrairement au Livret A, les intérêts d’un livret bancaire ordinaire sont imposables.
Le compte à terme pour placer temporairement l’argent d’un PEL
Le compte à terme (CAT) constitue une solution intermédiaire pour les épargnants qui ne veulent pas prendre de risque mais acceptent d’immobiliser leur argent.
Le fonctionnement est relativement simple : vous déposez une somme pour une période déterminée, généralement comprise entre trois mois et cinq ans, et la banque vous verse une rémunération prévue au contrat.
En principe, une durée d’immobilisation plus longue peut permettre d’obtenir une meilleure rémunération. En 2026, certaines offres citées proposent par exemple 3 % sur 36 mois, tandis que d’autres affichent environ 2,11 % sur un an.
Attention cependant aux conditions de sortie anticipée. Selon le contrat, récupérer l’argent avant l’échéance peut entraîner une baisse du taux servi ou d’autres pénalités. La fiscalité doit également être prise en compte puisque les intérêts du compte à terme sont imposables.
Le CAT peut être adapté à celui qui sait qu’il n’aura pas besoin de son capital pendant une durée déterminée, mais ne souhaite pas l’exposer aux marchés financiers.
Que devient l’argent si vous ne faites rien à la clôture du PEL ?
C’est un point à ne pas négliger. Si vous ne clôturez pas vous-même votre PEL avant son échéance maximale, la banque le transforme automatiquement en compte sur livret bancaire.
Votre argent reste disponible et le capital demeure garanti. En revanche, le taux est fixé librement par l’établissement bancaire et les intérêts sont fiscalisés.
Autrement dit, l’inaction peut coûter cher. Une somme de plusieurs dizaines de milliers d’euros laissée pendant des mois sur un CSL faiblement rémunéré peut générer un manque à gagner important.
Les banques n’ont évidemment aucune raison de vous pousser spontanément vers le placement le plus rentable pour vous. Il appartient donc à chaque épargnant d’anticiper l’échéance de son PEL et de comparer les solutions avant que le plan ne soit automatiquement transformé.
Quel placement choisir après la clôture d’un PEL de 15 ans ?
Il n’existe pas de placement universellement meilleur. La bonne solution dépend de votre situation.
Si vous recherchez une disponibilité totale et aucune prise de risque, le Livret A, le LDDS et éventuellement le LEP sont prioritaires, dans la limite de leurs plafonds.
Pour une épargne de long terme avec une part sécurisée, l’assurance vie peut constituer une alternative naturelle au PEL, notamment grâce au fonds en euros et à sa fiscalité après huit ans.
Le PEA s’adresse davantage aux épargnants capables d’accepter les fluctuations des marchés pour rechercher une meilleure performance à long terme.
Le PER peut être pertinent pour préparer sa retraite, particulièrement lorsque la déduction fiscale des versements procure une économie d’impôt réellement intéressante.
Enfin, les comptes à terme et livrets bancaires promotionnels peuvent servir de solution d’attente lorsqu’un projet immobilier ou une autre dépense importante est envisagé à court ou moyen terme.
Dans de nombreux cas, la meilleure stratégie consiste d’ailleurs à ne pas choisir un seul placement. Répartir le capital entre épargne disponible, supports sécurisés et placements de long terme permet d’éviter de sacrifier soit la liquidité, soit le rendement potentiel.
