Investir dans un groupement forestier

Lorsqu’on souhaite se constituer un patrimoine pérenne et diversifié, on a du mal à trouver son bonheur dans les placements traditionnels. Il faut donc accepter de sortir du cadre même sans intention de risquer qqch.

A ce titre, investir dans les forêts peut être un bon placement. En effet, les forêts constituent un investissement intéressant à plusieurs égards. En dehors du fait qu’elles offrent des perspectives de valorisation (la valeur des forêts a tendance à progresser), elles rapportent des revenus récurrents d’une année à une autre et permettent par ailleurs de bénéficier d’importants avantages fiscaux.

Ceci dit, acheter directement une forêt peut revenir très cher. Selon les caractéristiques des forêts, elles peuvent coûter des centaines de milliers d’euros, voire des millions d’euros. Cela n’est donc pas à la portée de tout particulier.

Pour contourner le problème, une solution est donc offerte aux particuliers : investir dans un groupement forestier. Mais en quoi cela consiste-t-il réellement ? Comment cela permet-il de gagner ? Quels sont les avantages et quels sont les risques ? Le présent article vous apporte quelques éléments de réponses.

En quoi consiste l’investissement dans un groupement forestier ?

Investir dans un groupement forestier, c’est simplement acheter des terrains boisés ou à boiser via un groupement forestier d’investissement.

Un groupement forestier d’investissement (GFI) est une société civile particulière constituée par des propriétaires de terrains boisés ou à boiser ; et dont le but est de gérer les terrains pour le compte de tous les propriétaires.

Dans la pratique, le groupement forestier d’investissement se charge de collecter des capitaux pour les investir dans des forêts. Il gère ensuite ces forêts et redistribue les revenus issus de leur exploitation aux investisseurs ayant contribué au capital.

Les revenus proviennent essentiellement de la vente de bois coupés et des droits de chasse. Le rendement dont ils vous font bénéficier par an est de l’ordre de 1 % à 2 %.

Les groupements forestiers ont toutes les compétences nécessaires pour identifier les forêts intéressantes, exploitables. A priori, ils savent les gérer de façon professionnelle. En réalité, leur gestion se fait conformément à un plan simple de gestion agréée (PSG). Ledit plan s’approuve par l’assemblée générale des associés ; ce qui constitue pour ces derniers un gage de sécurité pour l’avenir.

Quelle est réellement l’opportunité d’investir dans les forêts ?

Pour commencer, le marché forestier est un marché très peu volatil. Comparativement à d’autres marchés, les variations de prix dans le secteur du bois restent vraiment faibles.

En 2018 par exemple, pendant que les marchés d’actions connaissaient une baisse de 10 %, le prix du bois connaissait quant à lui une augmentation de 9 %. Et dans le même sens, le prix moyen d’un hectare de forêt augmentait de 3 %.

Cela est dû en grande partie au fait que la demande du bois est toujours présente. Comme vous le savez, le bois constitue une matière première pour de nombreux besoins : matériau de construction et de chauffage, ameublement, papeterie, etc.

Mais notons également qu’en France, le secteur forestier offre encore un grand potentiel. En effet, les bois et forêts représentant aujourd’hui plus de 30 % du territoire ne cessent de s’accroître d’année en année.

Mais malgré cela, la France importe du bois au point de présenter chaque année dans le secteur une balance fortement déficitaire (on parle de 6 milliards d’euros de déficit par an). Cela est dû au fait que la filière du bois peine encore à mobiliser de façon conséquente les ressources pourtant bien disponibles.

Plutôt que de passer par des propriétaires individuels Français pour récupérer quelques stères, les entreprises utilisatrices de bois préfèrent se tourner vers les pays comme l’Allemagne ou la Russie où de grandes exploitations sont en mesure de leur fournir la matière première en grandes quantités et de façon régulière.

Pour inverser la tendance, des règlementations ont donc été mises en place pour susciter l’investissement dans le secteur afin que la France puisse atteindre l’autosuffisance dans le secteur du bois. Ces règlementations viennent avec les nombreux avantages que nous vous présentons ci-dessous.

Quels avantages et quels risques pour l’investissement dans un GFI ?

Comme c’est le cas avec tout investissement, il y a des avantages, mais aussi des risques à investir dans un groupement forestier. Nous les abordons dans ce paragraphe.

Les avantages des GFI

En dehors de la belle rentabilité annuelle (1 à 2 %) évoquée plus haut, investir dans un groupement financier peut vous permettre de jouir d’importants avantages fiscaux.

Premièrement, cela vous permet de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu. D’ailleurs, cette réduction qui représente habituellement 18 % de la souscription est passée depuis le 10 août 2020 à 25 %. De quoi susciter encore plus l’investissement dans le domaine.

Mais notons toutefois que pour en bénéficier, vous devez conserver les parts que vous avez acquises pour une durée d’au moins 8 ans. Par ailleurs, les crédits et réductions d’impôt au titre de ces investissements sont soumis au plafonnement des niches fiscales.

Investir dans un groupement forestier vous permet également de bénéficier d’une exonération d’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Il suffit de vous engager à conserver vos parts pour une durée minimum de 5 ans. La réduction est de 75 % pour la partie de votre souscription allant jusqu’à 101 897 euros, et de 50 % pour la partie au-delà de cette somme. Cela dit, elle peut être à la hauteur de la totalité de votre investissement dans certains cas.

Une dernière exonération dont vous pourrez bénéficier est celle sur les droits de succession et les donations. Cette exonération à hauteur de 75 % vous est appliquée si vous êtes dans le cadre d’un engagement de gestion durable et que vous déteniez vos parts depuis plus de 2 ans.

Les risques des GFI

Les risques de l’investissement dans les GFI sont essentiellement liés à la liquidité des parts. Comme vous l’auriez compris, il faut conserver les parts acquises pour de nombreuses années (8 ans minimum) pour bénéficier des divers avantages de défiscalisation présentés ci-dessus. Plus vous conserverez vos parts, plus vous bénéficierez d’une valorisation. Mais cela signifie donc que vous ne serez pas en mesure de faire une vente pendant longtemps, à moins de renoncer aux avantages.

L’autre risque d’un investissement forestier, plus ou moins lié au précédent, c’est celui d’une perte en capital. En réalité, celui-ci n’est jamais nul avec les investissements sur le long terme. Dans le cas des GFI, son existence est due au fait que les forêts peuvent être menacées par diverses intempéries : l’incendie, la tempête et même des problèmes d’ordre phytosanitaire. En général, les GFI souscrivent systématiquement à des assurances pour les deux premiers. Mais le dernier ne peut être assuré. Ce qui laisse toujours exister le risque de perte en capital.

Par ailleurs, même si les prix des forêts n’ont fait qu’augmenter ces dernières années, on ne peut prévoir à quel moment ils baisseront. Le risque de perte en valeur est donc bien réel.

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