Bien que souvent la « sagesse populaire » le pense, le cours de l’or ne monte pas automatiquement dès qu’une guerre éclate ou que l’inflation accélère.
Le prix du métal jaune dépend en permanence de plusieurs forces qui peuvent se renforcer ou, au contraire, se neutraliser : taux d’intérêt, dollar, inflation, politique des banques centrales, demande des investisseurs, achats physiques et tensions géopolitiques.
C’est précisément ce qui rend les variations de l’or difficiles à anticiper. Une mauvaise nouvelle économique peut faire monter son prix un jour et le faire baisser quelques semaines plus tard si cette même nouvelle entraîne par exemple une hausse des taux d’intérêt.
Au moment de la rédaction de cet article, le 25 septembre 2026, pour connaître le cours de l’or spot , on allait sur Veracash et on voyait autour de 120,56 euros le gramme, soit 3 749,87 euros l’once. En dollars, l’once vaut environ 4 269,87 dollars. Ces prix évoluent continuellement et ne doivent donc pas être considérés comme une valeur fixe.
Comment est calculé le cours de l’or ?
Il n’existe pas un organisme qui déciderait arbitrairement que l’or doit valoir 3 000, 4 000 ou 5 000 dollars. Son prix résulte des transactions réalisées sur les marchés internationaux.
L’un des principaux repères mondiaux est le LBMA Gold Price, établi à Londres. Ce prix de référence est calculé deux fois par jour, à 10 h 30 et 15 h, lors d’enchères électroniques administrées par ICE Benchmark Administration. Il est exprimé en dollars américains par once troy.
À côté de cette référence existe le cours « spot », c’est-à-dire le prix auquel l’or s’échange à un instant donné sur les marchés. Il varie durant la journée en fonction des transactions.
Le prix réellement payé par un particulier peut ensuite être différent. Une pièce, un lingotin ou un lingot peut comporter une prime, des frais de fabrication, une marge commerciale ou des frais liés à la conservation.
Pourquoi parle-t-on de dollars par once ?
L’or est généralement coté en dollars par once troy, une unité traditionnelle utilisée sur les marchés des métaux précieux.
Une once troy correspond exactement à 31,1034768 grammes. Elle ne doit pas être confondue avec l’once utilisée dans d’autres systèmes de mesure, qui représente environ 28,35 grammes.
Le dollar s’est imposé comme monnaie internationale de référence du marché de l’or. Pour un épargnant français, cette cotation doit toutefois être convertie en euros.
Et cette conversion peut modifier fortement la perception de la hausse ou de la baisse du métal.
Pourquoi le cours de l’or peut-il être différent en euros et en dollars ?
Parce que l’investisseur français subit deux mouvements : celui de l’or et celui du taux de change euro-dollar.
Prenons un exemple simplifié. Si l’or ne bouge absolument pas en dollars mais que l’euro baisse face au dollar, son prix exprimé en euros augmente mécaniquement.
À l’inverse, une hausse de l’or en dollars peut être partiellement effacée pour un acheteur français si l’euro s’apprécie fortement.
Il faut donc toujours vérifier dans quelle devise est affiché un graphique. Observer uniquement le prix en dollars lorsque son patrimoine est exprimé en euros peut conduire à une mauvaise lecture de l’évolution réelle du placement.
Pour obtenir une valeur plus directement compréhensible en France, il est possible de connaître le cours de l’or en euros, en dollars, par gramme ou par once. Veracash permet notamment de consulter ces différentes cotations actualisées.
Pourquoi les taux d’intérêt influencent-ils autant le prix de l’or ?
Parce que l’or ne verse ni intérêt ni coupon.
Lorsque les taux obligataires augmentent fortement, détenir des obligations ou certains placements rémunérés devient relativement plus intéressant. Le coût d’opportunité de la détention d’or augmente alors.
C’est particulièrement vrai lorsque les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire les taux corrigés de l’inflation anticipée, progressent.
À l’inverse, des taux réels faibles ou en baisse peuvent soutenir l’or puisque les placements rémunérés deviennent relativement moins attractifs.
Cette relation n’est cependant pas mécanique. D’autres facteurs peuvent prendre momentanément le dessus.
Pourquoi un dollar fort peut-il faire baisser l’or ?
Puisque l’or est essentiellement coté en dollars, la hausse de la monnaie américaine peut rendre le métal plus cher pour les acheteurs utilisant des euros, des yens, des yuans ou d’autres devises.
La demande peut alors diminuer.
C’est ce qui a été observé à plusieurs reprises en 2026 lorsque le renforcement du dollar et les anticipations de taux américains durablement élevés ont pesé sur le cours du métal jaune.
Inversement, une faiblesse du dollar peut faciliter une progression du prix de l’or, toutes choses égales par ailleurs.
Pourquoi l’inflation peut-elle faire monter ou baisser l’or ?
Dire « inflation = hausse de l’or » est trop rapide.
Une inflation importante peut effectivement inciter certains investisseurs à rechercher des actifs considérés comme une réserve de valeur.
Mais l’inflation peut également pousser les banques centrales à augmenter leurs taux d’intérêt. Or des taux plus élevés peuvent peser sur l’or.
Le pétrole illustre parfaitement ce mécanisme. Une flambée du brut peut alimenter les anticipations d’inflation. Si les marchés pensent ensuite que la Réserve fédérale américaine devra maintenir ses taux élevés, le résultat peut finalement être négatif pour l’or.
Ce mécanisme paradoxal s’est manifesté en 2026 : les tensions au Moyen-Orient ont soutenu les prix du pétrole, mais leurs conséquences inflationnistes ont également alimenté les anticipations de taux élevés, ce qui a parfois pesé sur le métal jaune.
Les banques centrales peuvent-elles réellement faire bouger le prix de l’or ?
Oui, car leurs achats représentent désormais une part importante de la demande mondiale.
Selon le World Gold Council, les banques centrales avaient acheté net 863 tonnes d’or en 2025. En 2026, leurs achats sont également restés élevés, même s’ils ont varié selon les périodes.
Il s’agit de volumes suffisamment importants pour influencer l’équilibre mondial entre l’offre et la demande.
Les banques centrales achètent notamment de l’or pour diversifier leurs réserves. Mais elles peuvent également ralentir leurs achats ou vendre une partie de leurs stocks. Leur comportement ne garantit donc aucunement une progression continue du cours.
Pourquoi l’or peut-il baisser pendant une guerre ou une crise ?
Parce que le statut de « valeur refuge » ne signifie absolument pas que le prix monte à chaque mauvaise nouvelle.
Lors d’une crise, plusieurs phénomènes peuvent se produire simultanément.
Certains investisseurs achètent de l’or par prudence. D’autres vendent leurs actifs pour récupérer des liquidités. Le dollar peut s’apprécier. Les taux peuvent augmenter. Des investisseurs peuvent prendre leurs bénéfices après une forte hausse précédente.
Le conflit impliquant les États-Unis et l’Iran en 2026 en fournit une illustration. Malgré les tensions géopolitiques, l’or a connu des séances de baisse lorsque la progression du dollar et les anticipations de taux élevés ont pris le dessus.
À d’autres moments, le mouvement inverse a été observé : une détente sur les prix du pétrole a réduit les craintes inflationnistes et les anticipations de remontée des taux, ce qui a pu soutenir le cours de l’or.
La géopolitique compte donc, mais elle n’agit jamais seule.
Quels sont finalement les principaux facteurs qui font varier le prix de l’or ?
6 grandes forces doivent être observées ensemble :
- Les taux d’intérêt et surtout les anticipations de taux réels.
- La valeur du dollar.
- L’inflation et les anticipations d’inflation.
- Les achats ou ventes des banques centrales.
- Les tensions économiques et géopolitiques.
- L’offre et la demande d’or physique et financier.
À cela s’ajoutent les mouvements des ETF adossés à l’or, la demande de bijoux, le recyclage et la production minière.
En 2025, la demande mondiale totale, opérations de gré à gré comprises, avait dépassé pour la première fois 5 000 tonnes. Les ETF adossés à l’or avaient accru leurs avoirs de plusieurs centaines de tonnes tandis que la production minière atteignait un niveau historiquement élevé.
Voilà pourquoi chercher une explication unique à chaque hausse ou baisse de l’or conduit souvent à des conclusions erronées.
Faut-il attendre « le bon cours » pour acheter de l’or ?
Personne ne connaît à l’avance le prochain point bas.
Attendre une baisse de 10 % paraît logique lorsque le cours semble élevé. Mais rien ne permet de savoir si cette baisse interviendra après une hausse préalable de 20 %, ni même si elle se produira.
À l’inverse, acheter brutalement après une forte hausse parce que les médias parlent quotidiennement de records revient souvent à laisser l’émotion guider la décision.
L’Autorité des marchés financiers rappelle régulièrement que le suivi permanent des marchés peut favoriser des décisions impulsives et qu’il est préférable de conserver une vision cohérente avec son horizon de placement.
Suivre le cours de l’or pour comprendre la valeur de son patrimoine ou les mécanismes économiques est donc utile. Essayer de deviner chaque sommet et chaque creux relève d’une logique totalement différente : le market timing.
Et cette dernière suppose de prendre deux bonnes décisions : acheter au bon moment puis revendre au bon moment.
L’achat progressif permet-il d’éviter le mauvais timing ?
Il ne supprime pas le risque de perte, mais il permet d’éviter de concentrer tout son achat sur une seule date.
Cette méthode est souvent appelée DCA, pour « dollar cost averaging ». Elle consiste à investir une somme identique à intervalles réguliers indépendamment des fluctuations du prix.
Lorsque le cours est élevé, la somme permet d’acquérir moins d’or. Lorsqu’il est plus faible, elle permet d’en acquérir davantage.
L’investissement régulier peut ainsi réduire l’influence des émotions et éviter de se demander en permanence si le moment est idéal pour acheter.
Il ne faut cependant pas transformer cette méthode en promesse : le DCA ne garantit ni gain ni protection contre une baisse durable du prix de l’or.
Il s’agit simplement d’une manière de lisser plusieurs niveaux d’achat au lieu de miser tout son capital sur un seul cours.
Quel est le cours de l’or aujourd’hui ?
Il n’existe pas de réponse valable pendant plusieurs jours : le cours change en permanence.
Au 25 septembre 2026, les données consultées indiquaient environ 120,56 euros le gramme et 3 749,87 euros l’once sur le cours spot affiché par Veracash. En dollars, le même cours représentait environ 137,28 dollars le gramme et 4 269,87 dollars l’once.
Ces chiffres seront probablement différents lorsque vous lirez cet article.
C’est précisément l’intérêt d’une cotation actualisée : non pas tenter de prédire le prix de demain, mais savoir quelle valeur le marché attribue aujourd’hui à un gramme ou une once d’or.
Veracash constitue à ce titre une alternative aux banques traditionnelles permettant notamment de consulter le cours en euros et en grammes depuis son compte de paiement. La plateforme propose également une carte Mastercard liée à ce compte.
Cela ne change évidemment rien au principe de base : la valeur de l’or peut monter comme baisser, parfois fortement, et aucun graphique ne permet de connaître avec certitude son prochain mouvement.
