Fiscalité : ce que change réellement le budget 2026 pour votre portefeuille

Après des mois de débats, de reports et de tensions politiques, le budget 2026 arrive enfin dans sa phase de bouclage. Le gouvernement a multiplié les recours à l’article 49.3 pour imposer l’adoption du projet de loi de finances, malgré les motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise, toutes 2 rejetées. L’exécutif maintient sa trajectoire : ramener le déficit public à 5 % du PIB, en assumant une hausse marquée du poids des prélèvements et des dépenses publiques.

Impôt sur le revenu et barème 2026

Le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %. Cette indexation limite les effets de l’inflation sur la charge fiscale, même si elle reste très inférieure à la hausse des prix constatée par les ménages. Pour les finances publiques, la mesure représente près de 1,9 milliard d’euros de recettes en moins.

Contribution sur les hauts revenus

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), introduite en 2025, est prolongée sans modification. Elle impose un taux minimal d’imposition de 20 % aux contribuables dont les revenus dépassent 250.000 euros pour une personne seule ou 500.000 euros pour un couple. Le dispositif restera actif tant que le déficit public ne redescendra pas sous 3 % du PIB.

Taxe holding sur le patrimoine financier

Un nouveau prélèvement vise les sociétés holdings utilisées comme coffre-fort patrimonial. La taxe s’applique lorsque les actifs imposables dépassent 5 millions d’euros, qu’une personne physique détient au moins 50 % des droits de vote ou financiers, et que les revenus passifs représentent plus de la moitié des produits comptables. Les biens concernés incluent yachts, avions privés, bijoux, logements de prestige mis à disposition des associés, chevaux de course ou vins de grande valeur.

Abattement de 10 % pour les retraités

Le gouvernement confirme le maintien de l’abattement de 10 % sur les pensions ainsi que l’abattement spécifique destiné aux personnes de plus de 65 ans. L’exécutif renonce à toute réduction de ces avantages, pourtant évoquée dans les premières discussions budgétaires.

MaPrimeRénov’ maintenue

Le dispositif MaPrimeRénov’, qui finance une partie des travaux de rénovation énergétique, est conservé intégralement. Malgré la tentation de le réduire pour alléger le budget de l’État, la version finale du texte ne modifie pas ses conditions d’éligibilité.

Prime d’activité en hausse

La prime d’activité augmente de 2 milliards d’euros, offrant environ 50 euros supplémentaires par mois à plus de trois millions de ménages. Le coût total de cette mesure est estimé à près de 700 millions d’euros. Cette revalorisation s’inscrit dans une volonté d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs modestes.

Statut du bailleur privé

Le texte introduit un statut du bailleur privé, appelé à mieux structurer les obligations des propriétaires et à clarifier certaines pratiques en location nue comme meublée. Les modalités exactes seront précisées par décret, notamment sur les obligations d’information, la présentation des charges et la conformité des logements loués.

Pacte Dutreil : ajustements ciblés

Le pacte Dutreil, qui facilite la transmission d’entreprise, subit plusieurs retouches. Les biens somptuaires sont exclus du dispositif, et l’engagement de conservation des titres passe de 4 à 6 ans. Ces modifications obligent les héritiers à anticiper davantage leur stratégie de transmission.

Apport-cession : durcissement notable

Le gouvernement durcit le mécanisme d’apport-cession. Pour conserver le report d’imposition, au moins 70 % du produit de cession doit être réinvesti, contre 60 % auparavant. Le champ des réinvestissements éligibles est restreint, excluant notamment certaines activités financières, bancaires et immobilières. Le délai pour réinvestir passe à 3 ans et la durée minimale de conservation des actifs réinvestis s’étend à 5 ans.

Sécurité sociale : hausse de la CSG sur l’épargne

La contribution sociale généralisée augmente à 10,6 % sur plusieurs revenus du capital. Sont notamment concernés les gains issus du PEA, du PER, des comptes-titres ordinaires et de la location meublée non professionnelle. Les prélèvements sociaux atteignent désormais 18,6 %. La hausse s’applique rétroactivement aux revenus perçus en 2025, déclarés entre avril et juin 2026. En revanche, les revenus fonciers, l’assurance-vie, les plus-values immobilières, les PEL, CEL et PEP sont épargnés.

Retraites et prestations sociales

Le gouvernement confirme qu’aucun gel n’affectera les pensions de retraite ou les prestations sociales. La suspension de la réforme des retraites est par ailleurs actée.

Trajectoire des finances publiques

Selon les données du projet de loi de finances, la dette publique atteint 118,2 % du PIB en 2026. Les prélèvements obligatoires progressent à 43,9 % du PIB. La dépense publique se stabilise autour de 56,6 % du PIB, mais augmente en valeur absolue pour atteindre 1.734 milliards d’euros.

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