Paris sur les actifs russes dépréciés pour s’enrichir

De tous temps et spécialement en temps de guerre, certains spéculateurs ont parié pour s’enrichir et c’est le cas à la suite de l’attaque de l’Ukraine par la Russie.

On ne parle pas ici des spéculateurs sur les matières premières ou sur la baisse de la bourse mais des gros parieurs sur la dette et les actifs russes dépréciés.

Alors qu’à chaque bombe russe envoyée sur l’Ukraine correspond une sanction économique ou le départ de Russie d’une société occidentale, fusse-t-elle présente depuis le temps de l’URSS, les actifs des quelques sociétés russes cotées aussi à New-York ou ailleurs sont au plus bas.

Cela n’a pas échappé à JP Morgan et aux banques du même genre qui conseillent à leurs clients parieurs d’acheter des obligations de sociétés russes.

Dans une note du 4 mars adressée aux clients, JP Morgan a déclaré que son meilleur choix était les obligations Lukoil, car le géant de l’énergie avait d’importantes opérations internationales autonomes, qui ont généré 3,5 milliards de dollars de bénéfices en 2021, et des dettes étrangères relativement faibles.

Malgré les sanctions officielles et la fermeture concrète de la bourse de Moscou, les investisseurs occidentaux peuvent toujours négocier les obligations des sociétés russes qui ne figurent pas sur la liste des sanctions et qui ont des obligations en dollars.

Outre la spéculation sur Lukoil, JP Morgan recommande de jouer Novolipetsk Steel, estimant que les prix actuels ne reflétaient pas le potentiel de reprise, ainsi que l’obligation 2024 du géant de l’acier MMK.

Et le défaut de paiement des sociétés russes concernées par ce pari ?

Il est a priori pris en compte dans le pari puisque les conseils indiquent qu’ «  Un défaut de paiement de la part des émetteurs russes est un risque élevé, bien que certains émetteurs ayant des activités internationales importantes (par exemple Lukoil) puissent continuer à assurer le service de leur dette« .

Ceci dit, le 12 mars, Fitch a abaissé la note des principales sociétés russes en estimant justement qu’un « défaut de paiement de quelque sorte semble probable ».

Fitch a dégradé la note du géant du gaz Gazprom, de la pétrolière Lukoil, des minières Rusal, Polyus, Evraz et de 23 autres sociétés liées aux ressources naturelles de B à « CC principalement », ce qui signifie qu’il est « probable » que ces entreprises n’honorent pas leurs engagements financiers.

Les notes de Gazprom et Lukoil avaient aussi été dégradées quelques jours avant par Moody’s, avec un très haut risque de non remboursement.

Début mars, 3 grandes agences de notation ont noté la dette à long terme de la Russie dans la catégorie des pays susceptibles de ne pas pouvoir rembourser leur dette en raison de l’accumulation des sanctions à son encontre. Fitch considère que le risque d’un défaut souverain était à ses yeux « imminent ».

Voici mi-mars 2022 l’état de dette de la Russie:

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