Charles Gave: C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution !

Que raconte donc le libéral Charles Gave dans « C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution ! » ?

L’économiste et financier Charles Gave livre, dans son ouvrage « C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution ! », une analyse décapante de la crise profonde que traverse la France et l’Europe. S’appuyant sur les théories d’Alvin Toffler et sa propre expertise des marchés, Gave soutient que nous vivons une rupture historique majeure : le passage de l’ère industrielle à l’économie de la connaissance.

L’auteur souligne que les systèmes rigides refusant de s’adapter aux nouvelles réalités du capitalisme libéral et de l’information sont voués à s’effondrer comme des barrages sous pression. À travers une analyse didactique, il explore les mécanismes de la création de richesse et les dangers de l’étatisme face à cette force irrésistible. Son objectif est d’aider le lecteur à comprendre ces temps révolutionnaires pour saisir les opportunités de demain plutôt que d’être submergé par le changement.

Voici les points clés à retenir de ce livre visionnaire pour comprendre les bouleversements économiques et politiques actuels.

1. La Thèse Centrale : La Troisième Vague d’Alvin Toffler

Charles Gave s’appuie sur la théorie des trois vagues : après l’agriculture et l’industrie, l’humanité entre dans l’âge de la connaissance. Ce basculement de l’infrastructure économique entraîne inévitablement un bouleversement de la superstructure politique et sociale.

Dans ce nouveau paradigme, l’information devient quasi gratuite et accessible instantanément, rendant obsolètes les structures hiérarchiques et centralisées nées de la révolution industrielle.

2. Les Trois Joueurs de l’Économie

Pour Charles Gave, une économie saine repose sur l’équilibre entre trois acteurs :

  • L’Entrepreneur : Celui qui prend des risques, innove et crée la croissance. Il vit dans l’incertitude et a souvent un « cash-flow négatif » car il réinvestit constamment.
  • Le Rentier : Celui qui épargne et cherche la sécurité. Il veut un revenu régulier et la garantie de son capital.
  • L’Intermédiaire Financier (le Banquier) : Son rôle crucial est de transférer l’épargne des rentiers vers les entrepreneurs, en assumant une partie du risque.

Le constat de Charles Gave sur la France : Depuis 1982, le système français favorise massivement le rentier au détriment de l’entrepreneur. Cette politique ruine les créateurs de richesse et pousse les talents à l’exil.

3. Le Mal Français : L’Ultra-Étatisme

Gave dénonce ce qu’il appelle l’ultra-étatisme français. Selon lui, la France est devenue un pays en voie de collectivisation accélérée. Il distingue deux secteurs en France :

  1. Le secteur concurrentiel (capitaliste) : Qui subit une croissance faible et une pression fiscale record.
  2. Le secteur étatique (communiste) : Géré selon des principes marxistes (santé, éducation, énergie) où la notion de rentabilité du capital n’existe pas.

L’État français, agissant comme un « Robin des Bois » moderne, prélève une part toujours plus grande de la richesse produite pour financer un modèle social à bout de souffle, ce qui tue la croissance et génère un chômage structurel.

4. La Fin programmée de l’Euro

L’un des chapitres les plus critiques concerne la monnaie unique. Gave compare l’euro au « lit de Procuste » : un système rigide qui oblige des économies divergentes (comme l’Allemagne et l’Espagne) à subir des taux d’intérêt inadaptés.

  • Les pays à faible croissance (Italie, Portugal) sont enfermés dans une « trappe à dette » car les taux d’intérêt sont supérieurs à leur croissance économique.
  • L’euro empêche les ajustements nécessaires par le taux de change, menant inéluctablement, selon l’auteur, à des faillites étatiques et à l’éclatement de la zone monétaire.

5. L’Élite Française et Charles Maurras

Pour expliquer l’obstination des dirigeants français, Gave avance une thèse provocatrice : nos élites, qu’elles soient de droite ou de gauche, sont imprégnées de la pensée de Charles Maurras. Cette idéologie se caractérise par :

  • La haine du monde anglo-saxon et du libre-échange.
  • Le mépris pour la démocratie représentative au profit de « l’homme providentiel » ou de la technocratie.
  • Le refus de la modernité et de la science (principe de précaution).

La revanche de l’individu ?

Malgré ce tableau sombre, Charles Gave conclut sur une note d’espoir. La révolution de la connaissance offre une opportunité de libération individuelle sans précédent. L’entrepreneur du XXIe siècle, géographiquement mobile, peut désormais mettre les États en concurrence pour choisir l’environnement fiscal et légal le plus accueillant.

La France possède d’immenses atouts (éducation, culture, capacités mathématiques) pour réussir, à condition de se libérer de la tyrannie de sa fonction publique et de son État omniprésent.

Comment Charles Gave définit-il l’économie de la connaissance ?

Charles Gave définit l’économie de la connaissance comme le passage à un nouveau paradigme économique, constituant la « troisième vague » de l’histoire de l’humanité, après les ères de l’agriculture et de l’industrie.

Voici les points clés qui caractérisent sa définition selon les sources :

  • L’information comme moteur central : Cette révolution repose sur la disponibilité de l’information, qui devient instantanée, accessible partout et dont le coût tend vers zéro. Ce changement de coût et d’accessibilité n’est pas seulement une question de degré, mais un changement de nature du système économique.
  • La primauté de l’immatériel : L’auteur note un basculement de la « plus-value industrielle » vers la « plus-value intellectuelle ». Dans ce modèle, la richesse ne dépend plus de lourds investissements physiques (usines, bâtiments) mais de la capacité d’innovation et de conceptualisation.
  • La fin de la contrainte géographique : Contrairement à l’ère industrielle où l’entrepreneur était lié à un territoire par ses machines, l’acteur de l’économie de la connaissance est géographiquement mobile. Il peut créer une valeur immense (comme Google ou Skype) depuis un garage et choisir de domicilier son activité là où l’environnement fiscal et légal est le plus accueillant.
  • L’émergence des « sociétés plates-formes » : Gave décrit une nouvelle organisation du travail où les entreprises (comme Dell ou Apple) se concentrent sur la conception et la vente, tout en externalisant la fabrication. La fonction essentielle devient la gestion de la logistique et des flux d’information plutôt que la production matérielle elle-même.
  • Une structure décentralisée : Alors que l’économie industrielle favorisait des structures hiérarchiques et pyramidales, l’économie de la connaissance impose des modèles beaucoup plus décentralisés et flexibles, qu’il qualifie de structures « amibiennes ».

En résumé, pour Charles Gave, cette économie représente une révolution technologique où « l’intelligence prend le pouvoir » sur les structures étatiques et industrielles traditionnelles.

Comment l’État français favorise-t-il le rentier sur l’entrepreneur ? (Selon Charles Gave)

L’État français favorise le rentier au détriment de l’entrepreneur par une combinaison de politiques monétaires, fiscales et structurelles qui découragent la prise de risque.

  • Une rentabilité inversée par les taux d’intérêt : Depuis 1982, la politique monétaire a maintenu des taux d’intérêt à court terme (rémunération du rentier) systématiquement supérieurs au taux de croissance de la valeur ajoutée du secteur privé (profits de l’entrepreneur). Entre 1982 et 2005, alors que le PNB français était multiplié par 3, le capital d’un rentier placé sans risque était multiplié par 5,2, tandis que les profits des entrepreneurs progressaient moins vite que l’économie générale.
  • L’ultra-étatisme et le transfert de richesse : L’État agit comme un « Robin des Bois » moderne qui prélève une part croissante de la richesse produite par le secteur capitaliste pour financer un secteur étatique organisé selon des principes communistes. Depuis 1981, ce secteur « communisé » (santé, éducation, administration) a connu une croissance 55 % supérieure à celle du secteur privé, entraînant un transfert de richesse massif de ceux qui prennent des risques vers ceux qui n’en prennent pas.
  • Une fiscalité punitive pour l’innovation : Le système français « massacre » fiscalement les entrepreneurs qui réussissent, notamment via l’impôt sur la fortune et des taux marginaux d’imposition élevés, ce qui les empêche de réinvestir dans leur outil de production. À l’inverse, l’épargne est orientée vers des produits de rente, comme l’assurance-vie, qui bénéficient d’avantages fiscaux pour financer la dette publique plutôt que l’économie réelle.
  • L’éviction politique des créateurs de richesse : Les élites technocratiques, issues de la fonction publique, favorisent leur propre base électorale (fonctionnaires et rentiers) et perçoivent les entrepreneurs comme des concurrents pour le pouvoir. En imposant un environnement légal et fiscal inhospitalier, l’État encourage l’exil des talents et du capital, se débarrassant ainsi d’opposants potentiels au modèle social en place.
  • Le carcan de l’euro : En adhérant à une monnaie unique, la France a accepté un « lit de Procuste » monétaire où les taux d’intérêt sont souvent trop élevés par rapport à sa croissance réelle, enfermant les entreprises dans une trappe à dette et empêchant les ajustements nécessaires à leur compétitivité.
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