Les Français avaient déjà vu grimper leurs factures d’énergie, leurs impôts locaux et le coût de leur logement. Il faut désormais ajouter une nouvelle ligne à la liste : l’assurance multirisque habitation.
En 2026, la prime moyenne d’assurance habitation atteint 310 euros par an en France, contre 274 euros en 2025, soit une augmentation spectaculaire de 13 % en seulement un an, selon le baromètre publié par Assurland.
Mais cette moyenne nationale cache des écarts considérables. Selon l’endroit où vous habitez, la hausse dépasse 20 %, tandis que certaines régions restent relativement épargnées.
Et le plus dingue n’est peut-être pas que les assurances habitation augmentent. C’est que cette envolée intervient alors même que le nombre de sinistres indemnisés a fortement diminué en 2025.
Assurance habitation : la Nouvelle-Aquitaine prend 20,2 % en un an
La carte de France des augmentations est particulièrement parlante.
Voici les primes moyennes constatées en 2026 et leur évolution annuelle :
- Nouvelle-Aquitaine : 332 euros, +20,2 %
- Grand Est : 295 euros, +17,9 %
- Normandie : 295 euros, +15,7 %
- Centre-Val de Loire : 297 euros, +16,1 %
- Auvergne-Rhône-Alpes : 291 euros, +15,8 %
- Île-de-France : 314 euros, +15,5 %
- Pays de la Loire : 259 euros, +14 %
- Occitanie : 346 euros, +13,9 %
- Bretagne : 244 euros, +10,8 %
- Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté : 307 euros, +8 %
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : 331 euros, +4,6 %
- Corse : 361 euros, +3,4 %
Ces chiffres sont issus du baromètre Assurland 2026, établi à partir de 7 580 devis d’assurance habitation réalisés entre le 1er janvier et le 1er mai 2026.
Le classement réserve d’ailleurs une surprise : les régions dans lesquelles l’assurance habitation est la plus chère ne sont pas nécessairement celles où les prix augmentent le plus vite.
Nouvelle-Aquitaine : la hausse la plus violente de France
Avec +20,2 % en un an, la Nouvelle-Aquitaine se détache nettement.
Une prime moyenne de 332 euros qui augmentait simplement au rythme de l’inflation générale aurait connu une évolution bien plus faible. On assiste donc ici à un véritable changement de tarification du risque.
La région cumule plusieurs expositions susceptibles d’intéresser de près les assureurs : incendies, tempêtes, inondations, grêle mais aussi sécheresse et retrait-gonflement des sols argileux.
C’est désormais l’un des grands changements du marché de l’assurance habitation : votre code postal devient de plus en plus déterminant dans le prix que vous payez.
Assurland souligne d’ailleurs que les régions les plus exposées aux événements climatiques supportent une partie importante de la hausse actuelle.
Grand Est, Centre-Val de Loire, Auvergne-Rhône-Alpes : des hausses proches de 16 à 18 %
La Nouvelle-Aquitaine n’est pas un cas isolé.
Le Grand Est subit une progression de 17,9 %, le Centre-Val de Loire de 16,1 % et Auvergne-Rhône-Alpes de 15,8 %.
Pour une dépense que beaucoup de ménages considèrent encore comme relativement stable d’une année sur l’autre, de telles augmentations sont considérables.
À ce rythme, une assurance de 300 euros devient une assurance à près de 350 euros en quelques années, même sans modification importante du logement ou des garanties.
Et cette hausse ne correspond pas nécessairement à un sinistre personnel de l’assuré. Vous pouvez parfaitement n’avoir déclaré aucun dégât des eaux, aucun incendie et aucun cambriolage et malgré tout recevoir un avis d’échéance nettement supérieur à celui de l’année précédente.
L’assureur raisonne en effet sur des populations entières, des zones géographiques et des catégories de risques.
Même l’Île-de-France augmente de 15,5 %
L’Île-de-France atteint désormais 314 euros de prime moyenne annuelle, avec une progression de 15,5 %.
Le phénomène ne peut donc pas être réduit aux seules zones rurales exposées aux sécheresses ou aux régions du sud touchées par les incendies.
Le prix d’une assurance habitation dépend de nombreux facteurs : localisation, type de logement, superficie, valeur des biens assurés, profil du souscripteur et niveau de garanties.
Le type d’habitation provoque notamment des écarts considérables. D’après Assurland, assurer une maison coûte désormais en moyenne 422 euros par an, contre 200 euros pour un appartement.
La Bretagne reste la région où assurer son logement coûte le moins cher
Dans ce paysage peu réjouissant, la Bretagne conserve une particularité.
Sa prime moyenne ressort à seulement 244 euros par an, soit le tarif régional le plus faible du classement.
Mais même les Bretons ne sont pas épargnés : le prix progresse tout de même de 10,8 % en un an.
Autrement dit, la région la moins chère de France subit elle aussi une augmentation à deux chiffres.
Les Pays de la Loire restent également sous les 300 euros, avec une prime moyenne de 259 euros, mais connaissent une hausse encore plus forte de 14 %.
La Corse est la plus chère… mais augmente beaucoup moins
Situation inverse en Corse.
Avec 361 euros par an, l’île affiche la prime moyenne la plus élevée du classement.
Elle devance :
- l’Occitanie, à 346 euros ;
- la Nouvelle-Aquitaine, à 332 euros ;
- Provence-Alpes-Côte d’Azur, à 331 euros.
Pourtant, les tarifs corses n’augmentent « que » de 3,4 % en un an.
Même phénomène en Provence-Alpes-Côte d’Azur : la prime est élevée, mais sa progression est limitée à 4,6 %.
Cela montre bien qu’il faut distinguer le prix absolu d’une assurance habitation de la vitesse à laquelle ce prix augmente.
Une région peut déjà être considérée comme très risquée et donc très chère, tandis qu’une autre peut subir brutalement une réévaluation du risque par les assureurs.
Pourquoi les assurances habitation augmentent-elles autant ?
Les assureurs avancent principalement trois explications : les catastrophes naturelles, l’augmentation du coût des sinistres et la hausse du coût des réparations.
Le dérèglement climatique joue évidemment un rôle important. Inondations, sécheresses, tempêtes, incendies et épisodes de grêle provoquent des dommages extrêmement coûteux.
Les sinistres climatiques ont ainsi représenté environ 5,2 milliards d’euros en 2025, selon les données reprises par Assurland.
Mais une autre augmentation beaucoup plus administrative est également entrée en jeu.
La surprime catastrophes naturelles est passée de 12 à 20 %
Depuis le 1er janvier 2025, le taux appliqué au titre du régime des catastrophes naturelles sur les contrats couvrant les habitations est passé de 12 % à 20 %.
Cette modification a mécaniquement renchéri les contrats d’assurance habitation.
Elle était destinée à redonner des ressources au régime d’indemnisation des catastrophes naturelles confronté à l’augmentation du coût des événements climatiques.
France Assureurs confirme que cette revalorisation de la surprime Cat Nat a contribué à la forte progression des cotisations d’assurance habitation observée en 2025.
Pour l’assuré, le résultat est beaucoup plus simple : la facture augmente avant même de considérer les éventuelles augmentations tarifaires décidées par son assureur.
Les assureurs paient moins de sinistres… mais les primes continuent d’augmenter
C’est probablement la donnée la plus intéressante à regarder.
Selon France Assureurs, environ 4,2 millions de sinistres habitation ont été indemnisés en 2025, pour une charge totale de 7,9 milliards d’euros.
Or la fréquence des sinistres a diminué de 9,1 % en un an.
Les assureurs ont donc enregistré nettement moins de sinistres.
Le problème est que ceux qui surviennent coûtent de plus en plus cher : le coût moyen des sinistres a progressé de 7,4 %.
L’incendie représente désormais le premier poste en montant d’indemnisation, devant les dégâts des eaux.
Voilà une nuance importante dans le discours sur la hausse des assurances : il n’y a pas simplement « davantage de sinistres ». En 2025, c’est même l’inverse. Il y en a eu moins, mais leur coût unitaire a fortement progressé.
Et les comptes des assureurs se sont améliorés
Autre chiffre rarement mis en avant lorsque les hausses tarifaires sont annoncées : le rapport entre les sinistres et les primes encaissées s’est amélioré.
Le ratio sinistres/primes de l’assurance multirisque habitation est passé de 58,5 % en 2024 à 52,8 % en 2025.
Plus largement, le résultat technique de la branche dommages aux biens des particuliers a atteint 4,6 % des primes en 2025, son meilleur niveau depuis 2020, selon France Assureurs.
Il serait donc trop simpliste de présenter les augmentations actuelles comme la conséquence mécanique d’un marché de l’assurance habitation qui serait financièrement exsangue.
Les risques climatiques augmentent incontestablement. Les réparations coûtent plus cher. La surprime Cat Nat a été relevée. Mais les assurés sont en droit de regarder également l’évolution des résultats des assureurs lorsqu’on leur demande d’accepter des hausses de 10, 15 ou 20 %.
Un assuré de Nouvelle-Aquitaine n’a plus le même risque qu’un assuré breton
La tendance actuelle pourrait profondément modifier le marché.
Pendant longtemps, les différences tarifaires entre territoires existaient, mais restaient relativement discrètes pour la majorité des consommateurs.
Elles deviennent désormais très visibles.
Entre les 244 euros payés en moyenne en Bretagne et les 361 euros de Corse, l’écart atteint 117 euros par an, soit près de 48 % du tarif breton.
Et ce mouvement pourrait encore s’amplifier si les assureurs affinent davantage leurs modèles en fonction des risques climatiques locaux.
À terme, deux maisons comparables situées à quelques dizaines de kilomètres l’une de l’autre pourraient coûter très différemment à assurer simplement parce que leur exposition à la sécheresse, aux inondations ou aux incendies n’est pas la même.
Assurance habitation : ne laissez plus votre contrat se renouveler automatiquement sans vérifier
Une augmentation de 5 % pouvait autrefois passer relativement inaperçue.
Avec des hausses de 10 à 20 %, ce n’est plus raisonnable.
À chaque avis d’échéance, trois chiffres devraient désormais être vérifiés :
La cotisation annuelle, afin de calculer l’augmentation réelle par rapport à l’année précédente.
Les franchises, car un assureur peut conserver un tarif attractif tout en augmentant ce qui restera à votre charge en cas de sinistre.
Les plafonds et exclusions, car deux assurances habitation affichant le même tarif ne proposent pas nécessairement le même niveau de protection.
Et la fidélité à son assureur n’est pas nécessairement récompensée.
La meilleure méthode reste donc de comparer régulièrement plusieurs contrats à garanties réellement équivalentes.
Assurland observe d’ailleurs des écarts pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros entre différentes offres pour un même profil.
Peut-on changer d’assurance habitation facilement ?
Oui.
Après la première année d’un contrat d’assurance habitation, il est généralement possible de résilier à tout moment sans frais ni pénalité, dans le cadre de la résiliation infra-annuelle.
Pour certains assurés, notamment les locataires pour lesquels une assurance habitation est obligatoire, le nouvel assureur peut prendre en charge les formalités de résiliation.
Face à une augmentation de 15 ou 20 %, la comparaison devient donc particulièrement intéressante.
Une économie de seulement 50 euros par an représente déjà 250 euros sur cinq ans. Et les différences entre assureurs peuvent être nettement supérieures.
Les prix de l’assurance habitation par région en 2026
Pour retenir l’essentiel :
| Région | Prime moyenne 2026 | Hausse sur un an |
|---|---|---|
| Nouvelle-Aquitaine | 332 € | +20,2 % |
| Grand Est | 295 € | +17,9 % |
| Centre-Val de Loire | 297 € | +16,1 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 291 € | +15,8 % |
| Normandie | 295 € | +15,7 % |
| Île-de-France | 314 € | +15,5 % |
| Pays de la Loire | 259 € | +14 % |
| Occitanie | 346 € | +13,9 % |
| Bretagne | 244 € | +10,8 % |
| Hauts-de-France / Bourgogne-Franche-Comté | 307 € | +8 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 331 € | +4,6 % |
| Corse | 361 € | +3,4 % |
Assurance habitation : une hausse qui mérite désormais d’être contestée par le marché
Dans l’assurance comme dans la banque, la fidélité est rarement une stratégie de négociation.
En 2026, la meilleure réponse à une prime d’assurance habitation qui s’envole reste donc simple : vérifier, comparer et, lorsque l’écart le justifie, changer d’assureur.
