La Casa est l’un de ces prélèvements que l’administration réussit à appliquer sans que la plupart des retraités en comprennent la logique. Officiellement, cette contribution de 0,3 % sert à financer la perte d’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Dans la pratique, elle s’ajoute discrètement aux retenues déjà imposées sur les pensions et accentue l’érosion du pouvoir d’achat des retraités.
Ce que la Casa prélève réellement sur vos pensions
La Casa est prélevée directement sur les avantages vieillesse et invalidité. Le taux reste affiché à 0,3 %, mais il s’applique sur des revenus bruts, ce qui augmente son impact réel. L’administration prélève cette contribution sur trois types de revenus : les retraites classiques, les pensions d’invalidité, et les allocations de préretraite.
Aucun retraité ne peut y échapper au seul motif qu’il cotise déjà ailleurs : la Casa se cumule avec la CSG et la CRDS. En revanche, 2 types de revenus passent entre les mailles du filet. Il s’agit d’abord de la majoration pour tierce personne, qui n’est pas touchée par cette contribution. Ensuite, les revenus déjà taxés comme revenus du capital, notamment les rentes Perco, échappent eux aussi à la Casa, car ils sont déjà soumis à d’autres contributions spécifiques.
Dans quels cas vous êtes totalement exonéré de Casa
L’administration prévoit des exonérations, mais comme toujours, elles restent limitées à des situations spécifiques.
Vous êtes exonéré si vous percevez l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou l’Allocation supplémentaire d’invalidité (Asi). Certaines pensions militaires et pensions temporaires d’orphelin ouvrent aussi droit à une exonération.
Il existe également une exonération liée au revenu fiscal de référence (RFR). Concrètement, si votre RFR ne dépasse pas les plafonds fixés, vous ne payez pas la Casa. Pour l’année 2026, l’administration regarde vos revenus de 2024, déclarés en 2025. Le RFR retenu est celui figurant sur votre avis d’imposition 2025.
Les plafonds d’exonération appliqués par l’administration
Les plafonds varient selon votre lieu de résidence. Comme souvent, la complexité administrative s’étale sur plusieurs tableaux différents, avec des montants distincts selon que vous viviez en métropole ou dans les territoires ultramarins.
Les plafonds en métropole
En métropole, l’exonération de Casa en 2026 dépend du quotient familial. Les plafonds sont les suivants : 17 057 € pour une part, 21 612 € pour une part et demie, 26 167 € pour deux parts. Chaque demi-part supplémentaire ajoute 4 555 €, tandis qu’un quart de part ajoute 2 278 €.
Les plafonds dans les DOM (hors Guyane)
En Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy et Saint-Martin, les plafonds sont plus élevés : 18 661 € pour une part, 23 668 € pour une part et demie, 27 723 € pour deux parts. Les majorations pour demi-part et quart de part restent strictement identiques à celles de la métropole : 4 555 € et 2 278 €.
Les plafonds en Guyane
La Guyane dispose d’un barème légèrement plus haut : 19 546 € pour une part, 24 783 € pour une part et demie, 29 338 € pour deux parts. Les montants ajoutés par demi-part ou quart de part sont identiques à ceux des autres territoires : 4 555 € et 2 278 €.
Une règle peu connue : la double vérification sur deux années
L’administration impose une condition supplémentaire souvent ignorée. Vous ne devenez redevable de la Casa que si vos revenus dépassent le plafond durant deux années consécutives. Une seule année au-dessus du seuil ne suffit pas à déclencher automatiquement la contribution.
Les textes qui encadrent la Casa
La contribution s’appuie sur plusieurs bases légales : l’article L137-40 du code de la sécurité sociale, l’article L136-8 pour les règles générales, et les articles L14-10-1 à L14-10-10 du code de l’action sociale et des familles. Une circulaire de la CNAV (n° 2025-35 du 23 décembre 2025) détaille également les modalités d’assujettissement et d’exonération applicables depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
Ces textes prévoient un mécanisme uniformisé, mais la réalité pour les pensionnés reste souvent difficile à suivre, entre plafonds, parts fiscales, ressources de l’année N-2 et exceptions multiples.
Ce qu’il faut retenir pour éviter les mauvaises surprises
La Casa peut sembler marginale avec son taux de 0,3 %, mais son application sur les pensions brutes et son cumul avec la CSG et la CRDS en font une retenue supplémentaire qui pèse, surtout pour les retraités proches des seuils fiscaux.
La clé reste de surveiller son revenu fiscal de référence deux années de suite, car c’est ce critère qui détermine si l’administration vous basculera ou non dans cette contribution. En cas de doute, vous pouvez vérifier votre situation à partir de votre dernier avis d’imposition ou auprès de votre caisse de retraite.
