L’année 2026 pourrait marquer un tournant pour les particuliers qui investissent dans l’immobilier locatif. L’Assemblée nationale a adopté le 15 janvier un amendement créant un nouveau statut fiscal du bailleur privé, censé remettre de l’ordre dans un système devenu illisible et décourageant pour les investisseurs.
Dans un contexte de crise du logement, où les pouvoirs publics improvisent souvent au lieu d’offrir une vision claire, ce nouveau dispositif promet un cadre plus rationnel : amortissement élargi, déficit foncier renforcé, encadrement fiscal plus cohérent, applicable aussi bien dans le neuf que dans l’ancien.
Mais entre ambitions politiques, arbitrages budgétaires et incertitudes juridiques, ce statut doit encore franchir plusieurs étapes avant d’entrer en vigueur en 2026. Voici une analyse détaillée de ce qui change concrètement pour les investisseurs.
Depuis plusieurs années, la France s’enfonce dans une pénurie de logements, fruit d’une combinaison de décisions tardives, de réglementations contradictoires et d’une fiscalité qui a souvent découragé les particuliers bailleurs.
Les chiffres évoqués par le député Mickaël Cosson parlent d’eux-mêmes : la production annuelle de logements destinés à la location est passée d’environ 75 000 avant la crise sanitaire à seulement 15 000 en 2025 .
Cette contraction historique entraîne des effets bien visibles :
Depuis des années, les professionnels (FFB, FPI, ANACOFI IMMO, fédérations et réseaux d’investisseurs) réclament un cadre lisible, stable et économiquement cohérent. Le nouveau statut du bailleur privé se veut la réponse à ces demandes.
Le nouveau dispositif reprend les grandes lignes du rapport parlementaire Cosson-Daubresse.
Son ambition : restructurer durablement la fiscalité locative et offrir une alternative plus claire aux dispositifs temporaires comme le Pinel, dont l’extinction est déjà programmée.
Le texte prévoit un mécanisme d’amortissement fiscal élargi applicable à tous les logements, neufs ou anciens, avec des taux adaptés en fonction du type de location.
Pour les logements neufs – y compris les maisons individuelles, ce qui constitue une nouveauté remarquée – le statut du bailleur privé fixe un amortissement annuel du bien selon la nature du loyer :
Cette ouverture à tous les logements neufs, sans course aux labels ou critères alambiqués, est saluée par les acteurs du secteur, car elle simplifie la lisibilité fiscale pour les particuliers.
Le dispositif prévoit :
Pour les investisseurs, cela signifie que les biens anciens nécessitant une rénovation lourde deviennent fiscalement plus intéressants, surtout si les travaux visent la performance énergétique.
Autre évolution de taille : le renforcement du déficit foncier imputable.
Le texte prévoit :
Ces paramètres permettent, dans de nombreux cas, de neutraliser l’imposition des loyers, ce qui redonne de l’intérêt économique à l’investissement locatif.
Selon la Fédération Française du Bâtiment, ce nouveau statut pourrait injecter entre 40 000 et 50 000 logements locatifs supplémentaires par an, contre seulement 4 000 à 5 000 avec la version précédente du dispositif .
Pour les professionnels, il s’agit d’un levier permettant de :
Cette projection reste toutefois dépendante de la mise en œuvre finale du dispositif et de la façon dont les banques accueilleront ces nouvelles perspectives. Les établissements bancaires, souvent frileux sur le crédit immobilier, pourraient revoir leur position si l’État clarifie enfin les règles du jeu.
Malgré son adoption par l’Assemblée nationale (84 voix pour, 22 contre), le statut n’est pas encore applicable.
2 points restent déterminants :
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a d’ailleurs exprimé des réserves concernant le coût budgétaire estimé (environ 5 milliards d’euros) et la sécurité juridique du dispositif.
Pour les professionnels de l’immobilier, le vote du 15 janvier représente une avancée majeure.
Promoteurs, conseillers patrimoniaux, investisseurs et fédérations du bâtiment y voient un signal clair : l’État reconnaît enfin la nécessité de soutenir durablement l’investissement locatif privé.
L’ANACOFI IMMO parle même d’une victoire démocratique, soulignant que le sous-amendement permettant le cumul avec le dispositif Loc’Avantages renforce l’intérêt des locations à loyers modérés .
Si le dispositif est confirmé dans la loi de finances pour 2026, il pourrait devenir le nouveau pilier fiscal de l’investissement immobilier, remplaçant de fait la logique Pinel désormais en extinction.
Il offrirait un cadre pérenne, moins dépendant des mesures temporaires, et plus lisible pour les investisseurs particuliers.
Il permettrait aussi une réconciliation entre 3 exigences souvent opposées par le législateur :
Le statut du bailleur privé est-il déjà applicable ?
Non. Son application dépend de la loi de finances 2026 et d’un examen constitutionnel.
Ce statut remplace-t-il le Pinel ?
Il ne s’agit pas d’un successeur officiel, mais il pourrait devenir le cadre fiscal de référence pour l’investissement locatif une fois le Pinel définitivement éteint.
Quels biens sont concernés ?
Tous les logements neufs et anciens, sous réserve de respecter les règles d’amortissement et les conditions de travaux.
Pourquoi les professionnels soutiennent-ils ce statut ?
Parce qu’il offre une visibilité fiscale durable et renforce la rentabilité nette des investissements tout en répondant à la pénurie de logements locatifs .
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