Depuis le retour des taux d’intérêt à des niveaux plus “normaux”, beaucoup d’épargnants pensent que leur argent est enfin sauvé. Si l’État emprunte à 3,5 %, il semble logique d’espérer que son épargne progresse au même rythme. Pourtant, la réalité est tout autre. Même dans un contexte où les taux longs remontent, le particulier ne récupère jamais le rendement affiché sur les marchés obligataires, et son patrimoine « prudent » continue en réalité de décrocher année après année.
Ce décalage n’a rien d’un accident. Il est structurel. Et tant que les épargnants ne comprennent pas cette mécanique, ils continueront à avancer en pensant préserver leur niveau de vie, alors qu’ils perdent du terrain face au reste de la société.
Les documents que tu as fournis le rappellent sans détour : le taux auquel l’État emprunte n’est jamais le taux auquel un épargnant peut espérer investir. Ce malentendu est à l’origine d’erreurs massives dans la gestion patrimoniale des particuliers .
L’État emprunte aujourd’hui autour de 3,5 %. Mais entre ce chiffre brut et le rendement réellement perçu par un particulier, 2 forces viennent systématiquement grignoter la performance : les frais et la fiscalité.
Même les contrats d’assurance vie les plus compétitifs appliquent entre 0,50 % et 1 % de frais annuels. Ce n’est pas un détail :
Si le taux long est à 3,5 %, que 1 % part en frais, il ne reste que 2,5 % de rendement maximal théorique.
Ces frais ne “réduisent pas” la performance : ils amputent directement la base sur laquelle le rendement pourrait croître. Ils sont constants, indifférents à la conjoncture, et surtout inévitables.
Le rendement prudent net se situe toujours 0,5 à 1 point sous le meilleur taux sans risque du marché.
À cette première érosion s’ajoute un 2ème problème souvent mésestimé: la fiscalité.
Sur la majorité des placements financiers, elle prend environ 30 % du gain (flat tax + prélèvements sociaux).
Sur un rendement de 3,5 % :
Un épargnant prudent reçoit réellement entre 1,5 % et 2 % par an, même avec un taux long à 3,5 %.
La croissance nominale du pays — c’est-à-dire croissance réelle + inflation — évolue entre 3,5 % et 4 % par an sur longue période.
C’est le rythme auquel la société entière s’enrichit : salaires, prix de l’immobilier, niveau de vie, technologies, consommation, services.
En d’autres mots :
Conséquence logique: vous décrochez mécaniquement chaque année.
Ce n’est pas une question d’optimisation, ni de choix de contrat mais une mécanique structurelle impossible à contourner par les produits prudents .
Un décalage annuel d’1,5 ou 2 points semble modeste. Mais en patrimoine, ce type d’écart cumulé sur 10, 15 ou 20 ans crée un fossé immense.
Alors que votre épargne avance lentement, la société progresse plus vite pour:
Le patrimoine prudent conserve sa valeur nominale, mais perd sa valeur relative.
Vous ne pouvez plus suivre le rythme, vous n’accédez plus au même niveau de vie et vous finissez par vous appauvrir “en silence”.
Le piège psychologique est puissant :
Mais pendant ce temps, la société avance 2 fois plus vite. C’est l’illusion du “rendement réel positif” : tant que vous battez l’inflation, vous croyez être à l’abri.
En réalité, battre l’inflation ne suffit pas : il faut battre la croissance nominale pour maintenir votre niveau de vie. Et aucun placement prudent ne permet d’y parvenir durablement.
Le décrochage de l’épargne prudente n’est pas un “risque” : c’est une certitude mathématique.
Le particulier ne choisit pas les règles du jeu :
Que faire ? Là est toute la question car « de l’autre côté », il y a très très souvent le risque et des arnaques !
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