Depuis la fin du monopole bancaire en 2015, le paysage financier français s’est transformé sous l’effet combiné des fintechs, des néobanques et de l’accélération technologique. Officiellement, ces nouveaux acteurs parlent de « disruption ». Dans les faits, ils occupent surtout l’espace laissé vacant par des banques traditionnelles qui peinent encore à offrir des services rapides et adaptés aux besoins réels des particuliers et des entreprises.
Ils occupent aussi bien sûr la non connaissance des clients qui par exemple confondent « néobanque » avec « banque ».
Pendant des années, le discours officiel des banques françaises se résumait à : méfiance envers les fintechs d’un côté, marketing sur la « transformation digitale » de l’autre. Résultat : elles se sont retrouvées dépassées.
Un début de synergie commence seulement à apparaître. Les fintechs servent de laboratoire : financement court terme innovant, gestion automatisée de la trésorerie, tableau de bord en temps réel, scoring de facture, recouvrement semi-automatisé.
Face à elles, les banques ne s’alignent pas : elles achètent. Elles rachètent des solutions, absorbent des start-ups ou s’associent avec celles qui réussissent pour offrir à leurs clients un vernis de modernité qu’elles ne savent pas produire elles-mêmes.
Concrètement, les petites entreprises, les indépendants et les experts-comptables voient aujourd’hui les banques proposer des outils issus… des fintechs qu’elles n’ont pas su concurrencer.
Mais d’un autre côté, les fintechs ne sont pas rentables et déposent souvent le bilan ou disparaissent.
Pas mal de banques traditionnelles se sont adaptées en lançant leurs propres marques digitales ou en absorbant des néobanques existantes :
Le mouvement est clair : les banques historiques n’innovent plus en interne. Elles achètent, restructurent et revendent selon les cycles financiers. L’exemple de Shine, cédée en 2024 à un comptatech danois puis revendue à Cegid en est l’illustration.
Ce qui pourrait sembler être une « mutation du paysage bancaire » n’est, dans la réalité, qu’un repositionnement défensif pour conserver leur clientèle professionnelle.
Plusieurs nouveaux services méritent d’être explicités car ce sont désormais des arguments commerciaux très utilisés par les banques.
Mémo Bank permet la création d’IBAN virtuels illimités, un par fournisseur. Cela permet de bloquer un fournisseur en cas de litige et améliore la sécurité puisque l’IBAN principal n’est jamais communiqué.
Certaines banques en ligne proposent une rémunération des dépôts, ce qui était quasiment disparu dans les réseaux traditionnels. Par exemple:
Pour les excédents réguliers, les rendements varient généralement entre 0,5 % et 1,85 %. Autant dire que certaines banques traditionnelles restent loin derrière.
Les banques digitales proposent :
Ces fonctionnalités, très demandées par les indépendants, restent rares dans les banques traditionnelles, qui continuent d’imposer des grilles tarifaires difficiles à lire.
Un sujet que les banques n’aiment pas évoquer : les fintechs ont comblé les failles du financement bancaire classique.
Il s’agit d’un préfinancement jusqu’à 50 000 €, avec un coût de 2,7 %, réservé aux entreprises ayant déjà un historique suffisant.
Possibilité aussi d’étaler le paiement en 3 ou 4 fois (cas de Hero).
Les paiements peuvent se faire via :
Mais ces outils amènent un risque accru de fraude, notamment via les QR codes frauduleux. Pas mal de dérives.
Le crowd-factoring, lancé par Bienprêteur en 2018, propose des prêts à 14–15 %.
Les banques cherchent à rattraper le retard : Crédit Agricole (CashInTime), Crédit Mutuel–CIC (Air PME), ou des fintechs comme Defacto et Aria qui proposent paiement fournisseur instantané.
Des acteurs comme Avanseo et Karmen proposent des financements rapides adaptés aux besoins opérationnels. La fintech Silvr, récemment liée à Qonto, a été placée en redressement puis reprise par Karmen.
La dette privée représente environ 1 500 milliards de dollars en 2023 avec une croissance annuelle de 10 % depuis dix ans. Avec le retrait progressif des banques du financement des LBO, les fonds de private credit prennent la place laissée vacante.
Le texte conclut sur un constat partagé par les chefs d’entreprise et les experts-comptables : malgré la profusion d’outils, aucune solution ne couvre totalement :
Les solutions globales commencent à émerger (FINOM, Manager One), mais la difficulté reste toujours la même : réussir à intégrer tous ces outils dans un système d’information souvent vieillissant.
Pour un dirigeant, les critères décisifs restent :
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