Hausse de la CSG en 2026, ce qui va vraiment changer pour vos revenus

Depuis la publication de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la principale inquiétude des épargnants, investisseurs et propriétaires est la hausse de la CSG sur une grande partie des revenus du capital. Derrière ce relèvement discret mais significatif du taux, c’est une augmentation généralisée de la pression fiscale qui se met en place. Et comme souvent, l’administration ne se prive pas de procéder à des ajustements rétroactifs, au détriment des contribuables qui pensaient avoir déjà soldé leurs obligations.

Pour beaucoup de particuliers français, la CSG reste un impôt opaque, intégré dans la nébuleuse des prélèvements sociaux. Pourtant, elle représente une part croissante de la taxation sur l’épargne et sur le patrimoine. La hausse votée pour 2026 touche de plein fouet une large variété de produits financiers et de revenus patrimoniaux, même si certaines catégories restent étonnamment protégées. L’objectif officiel est de renforcer le financement de la Sécurité sociale. La réalité, elle, ressemble davantage à une ponction supplémentaire sur une épargne déjà lourdement taxée.

Comprendre la nouvelle fiscalité de la CSG

La CSG appliquée aux revenus du capital était jusqu’ici fixée à 9,2 %, complétée par 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité, soit un total de 17,2 %. À partir du 1er janvier 2026, le taux de CSG passe à 10,6 % sur une grande partie des revenus financiers. L’ensemble des prélèvements sociaux grimpe ainsi à 18,6 %.

Ce relèvement de 1,4 point peut paraître minime en apparence, mais il représente des centaines d’euros pour un investisseur moyen et des milliers pour les ménages disposant d’un patrimoine financier plus important. À la différence de l’impôt sur le revenu, cette augmentation est automatique, sans possibilité d’optimisation pour la majorité des épargnants.

La mesure comporte en outre une subtilité difficile à avaler : certains revenus du patrimoine perçus dès 2025 seront eux aussi concernés. En d’autres termes, la hausse s’applique rétroactivement, même pour des gains déjà encaissés et déjà soumis aux acomptes sociaux.

Les produits de placement concernés en 2026

La loi introduit une distinction entre les produits de placement (revenus de capitaux mobiliers, plus-values sur biens meubles, gains PEA, épargne salariale…) et les revenus du patrimoine (foncier, LMNP, plus-values sur titres, actifs numériques, rentes viagères, etc.).

Pour les produits de placement, la hausse s’applique dès le 1er janvier 2026. Les revenus perçus sont désormais soumis à 10,6 % de CSG et à 18,6 % de prélèvements sociaux au total.

Les produits touchés par la hausse de CSG

Les dividendes figurent dans les catégories les plus impactées, tout comme les intérêts des placements à revenu fixe, qu’il s’agisse d’obligations, de créances, de comptes courants rémunérés ou encore des simples livrets bancaires. Même les produits tirés d’un PEA ou d’un compte PME innovation sont concernés, tout comme l’épargne salariale issue de la participation ou de l’intéressement.

Les plus-values sur meubles imposées selon le régime des plus-values de cession entrent également dans le champ de la réforme.

Cette liste, particulièrement large, montre que l’épargnant moyen est directement visé. Les rendements déjà affaiblis par la conjoncture économique se voient amputés d’une tranche supplémentaire de fiscalité.

Les produits épargnés par l’augmentation de la CSG

Certaines catégories échappent toutefois à la hausse, ce qui ne manque pas d’interroger. Les plus-values immobilières restent taxées selon l’ancien taux de CSG à 9,2 %. Même chose pour l’assurance vie, les bons et contrats de capitalisation, les produits PEP, ainsi que les CEL et PEL ouverts avant le 31 décembre 2017 et de moins de douze ans.

Autrement dit, les produits d’épargne favorisés traditionnellement par l’État sont préservés. Ce choix traduit une volonté claire : encourager certaines formes d’épargne plutôt que d’autres. Le message sous-jacent est limpide : l’administration se réserve le droit d’orienter les comportements financiers des particuliers.

Le cas particulier des PER

Les plans d’épargne retraite constituent une zone grise. En principe, leurs gains sont concernés par la CSG majorée. Toutefois, les PER assurantiels, construits sur le modèle de l’assurance vie, devraient échapper à la hausse.

À l’inverse, les PER bancaires, structurés comme des comptes-titres, voient leurs gains soumis à la CSG de 10,6 % depuis le 1er janvier 2026. Cette différence de traitement risque de créer une confusion parmi les détenteurs de PER, qui devront vérifier précisément la nature de leur contrat pour éviter les mauvaises surprises.

À noter que la déduction fiscale de la CSG n’évolue pas : la fraction déductible reste fixée à 6,8 %, uniquement pour les revenus soumis au barème progressif. Les revenus taxés au taux forfaitaire ne permettent aucune déduction.

Les revenus du patrimoine concernés en 2025

La seconde partie de la réforme touche les revenus du patrimoine perçus en 2025. Contrairement aux produits financiers taxés lors de l’encaissement, ces revenus sont soumis aux prélèvements sociaux l’année suivante, au moment du traitement fiscal.

Ils seront donc taxés en 2026 au taux de 10,6 % de CSG et de 18,6 % de prélèvements sociaux au total.

Les revenus frappés par la hausse

Sont concernés les revenus fonciers issus du viager, les plus-values sur valeurs mobilières et droits sociaux, les profits réalisés sur les instruments financiers à terme, les gains de cession d’actifs numériques, les plus-values imposées à l’exit tax, les distributions de fonds par les FCP, Sicav et sociétés de capital-risque, ainsi que les bénéfices non professionnels (BIC, BNC, BA).

Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) subissent eux aussi la hausse, puisque leurs loyers sont imposés comme BIC. Pour ceux relevant du régime micro-BIC, la double peine est claire : hausse de la CSG et hausse de l’impôt sur le revenu.

Les revenus maintenus au taux de 9,2 %

Les revenus fonciers classiques (locations nues) restent étonnamment épargnés. Le législateur justifie cette exception par une volonté de ne pas pénaliser l’investissement locatif.

Les loueurs en meublé professionnels (LMP) ou certains loueurs de meublés de tourisme échappent également à la réforme, car ils relèvent du régime social des revenus d’activité et non des revenus du capital.

L’ajustement de septembre 2026

Enfin, l’administration précise que les contribuables ayant perçu en 2025 des revenus du patrimoine ont déjà payé des acomptes de prélèvements sociaux. Mais comme ces acomptes ne prennent pas en compte la hausse de 1,4 point, un complément sera exigé en septembre 2026. L’épargnant devra donc régler la différence, même s’il pensait être déjà à jour.

En bref, la hausse de la CSG sur les revenus du capital en 2026 marque une étape supplémentaire dans la taxation de l’épargne et du patrimoine. Les produits financiers les plus répandus sont touchés de plein fouet, tandis que certaines catégories privilégiées échappent opportunément à la réforme. Les propriétaires en LMNP, les investisseurs en actions, les détenteurs de plans bancaires ou de comptes-titres verront leurs rendements diminuer.

Au-delà des détails techniques, un constat s’impose : l’administration utilise la CSG comme un levier fiscal souple et peu contesté pour augmenter ses recettes.

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