Politique
CDS des pays européens
Les CDS (Crédit default swaps) sont des indicateurs de la santé des Etats Européens. Le CDS (voir Credit Default Swap définition ) est un contrat d’assurance qui permet aux investisseurs d’assurer le défaut de remboursement. Plus la prime du CDS est élevée, plus le risque est grand. Voici les primes des CDS des pays européens:
Décollecte record du livret A en juin
Le livret A et le livret de développement durable (LDD et ancien Codevi), ont enregistré une décollecte de 1,9 milliard d’euros en juin !
En mai déjà on avait pu observer une décollecte de ces 2 supports (1,6 milliard d’euros).
La Caisse des dépôts se rassure comme elle peut en indiquant que sur les 6 premiers mois de l’année, la collecte reste positive sur les deux livrets d’épargne, à 20,3 milliards d’euros.
Le « Grand Hold-up des banques » sur France3
France3 dans son émission « Pièces à conviction » a présenté hier une émission exceptionnelle « Crise financière : « Le Grand Hold-up des banques »
Différents reportages constituaient l’émission:
- L’ETAT FACE AUX BANQUES : CONTROLER L’INCONTROLABLE
- PARADIS FISCAUX : UN SECRET BIEN GARDE
- SAINT ETIENNE : UNE VILLE FRAPPEE PAR LA CRISE
- TRADERS : LA CRISE VUE DE L’INTERIEUR
Principaux enseignements du « hold-up des banques« :
- les pertes des banques françaises à cause de la crise financière américaine: 25 milliards
- la communication des banques et du gouvernement ne reflète pas la situation exacte
- des villes sont plombées par les crédits compliqués vendus par certaines banques
Beaucoup de banques ont été citées dans l’ émission de France3 et jamais en bien: Crédit Agricole, Banques populaires, BNP, RBS, Société Générale, Dexia.
A qui les 10,5 milliards d’euros donnés aux banques ?
Le plan de recapitalisation bancaire qu’ a mis en place l’ Etat français pour les banques a été en fin de compte accepté par la commission européenne.
10,5 milliards d’euros vont donc être distribués à certaines banques pour leur permettre (officiellement) d’augmenter leur solvabilité en ayant un ratio « Tier one » (le ratio qui mesure la solvabilité, plus élevé.
Quelles banques vont recevoir ces 10,5 milliards ?
- Le Crédit Agricole recevra 3 milliards.
- La BNP-Paribas (officiellement la plus solide des banques françaises) recevra 2,55 milliards.
- La Société Générale aura 1,7 milliards.
- Le Crédit Mutuel aura 1,2 milliards.
- Les Caisses d’ Epargne auront 1,1 milliards.
- Les Banques Populaires auront 0,95 milliard.
Vous pouvez rappeler ceci à vos banques quand vous irez demander un crédit …
La garantie de l’ Etat finalement donnée à Dexia
Christine Lagarde a du venir finalement elle-même convaincre les députés de donner la garantie de l’ Etat français au porte-feuille de titres risqués de Dexia.
Au début de la semaine, les députés français avaient refusé d’accorder cette garantie notamment parce que la réalité qu’ils découvrent en ce moment n’est pas vraiment celle qui a été dépeinte quand Dexia a été sauvée par les états belges et français …
Emprunts d’ Etat: le doute
Les emprunts d’ Etat ( ces emprunts que font les états pour alimenter la machine en argent ou être en mesure de tenir leurs promesses ou de garantir les banques) ont du plomb dans l’aile.
L’ Allemagne, pays en meilleur état financier que la France, a peiné mercredi dernier à boucler une émission de dette de 7 milliards d’euros à 2 ans ! Mardi déjà, l’Autriche et les Pays-Bas ont connu la même aventure.
Le paradoxe actuel est que les états paient de moins en moins cher un argent dont ils ont de plus en plus besoin (car des masses considérables d’épargne ont quitté la sphère « privée » pour se réfugier dans les bons du trésor et autres produits financiers garantis par les états).
Les rendements des obligations publiques s’écroulent mais le risque augmente. La bull créée fait peser le poids d’une crise financière qui toucherait directement les états.
Actuellement, on paie environ 42 pour 10000 pour assurer le risque de l’ Allemagne mais on paie presque 59 pour assurer le risque de la France.
En cas de manquement des banques et donc de nécessité d’intervention de l’ Etat français, celui-ci ne pourra vraisemblablement pas emprunter les 320 milliards dont Nicolas Sarkozy a fait la publicité à grands cris.
Les mensonges des 320 milliards
L’ état a repoussé pendant quelques semaines la panique en promettant son intervention à hauteur de 320 milliards. Bien sûr le même état a expliqué que ces 320 milliards ne coûteraient rien aux contribuables car ils ne seraient mis qu’en cas de besoin et donc empruntés que si on en avait besoin.
Personne n’a sur le coup vérifié si l’état français pouvait vraiment emprunter 320 milliards. Une étude récente et confidentielle d’un institut très sérieux a vérifié. Si jamais l’état cherchait à emprunter 320 milliards, il ne pourrait emprunter que 100 ou 120 milliards. Il ne trouverait pas le reste car il ne représente pas assez de garanties..
En petit comité devant certains cadres de la BNP et de la Société Générale, c’est Mr Raffarin qui a dévoilé le pot aux roses.
Se sortir d’une situation de cirse financière aigûe comme celle que nous vivons actuelle ne peut pas se faire avec de telles solutions de poudre aux yeux non ?
Vidéo sommet du G20
Laurent Delahousse au JT de France2 avait quand même du mal à cacher la misère de ce G20.
Reportage vidéo France2 au sujet du G20:
G20: quoi de concret ?
La réunion du G20 a accouché de 3 « directions »:
- un soutien à l’économie mondiale
- une nouvelle régulation des marchés financiers
- une réforme de la gouvernance mondiale
Le « soutien à l’économie mondiale » consiste en politiques de relance coordonnées, en utilisant les arme s budgétaires et fiscales.
Le Fonds monétaire international (FMI) et les banques de développement devront accompagner l’activité des pays les plus fragiles pour éviter une propagation de la crise financière.
En ce qui concerne la régulation, le texte prévoit une mise sous surveillance étroite des institutions financières, y compris des fonds spéculatifs (hedge funds). Il y aura aussi un renforcement de la coopération internationale envers les places « offshore » (paradis fiscaux).
Il y aura aussi une réforme des grandes institutions internationales, comme le FMI et la Banque Mondiale pour permettre une meilleure représentation des pays émergents et en développement.
« Le capitalisme de libre marché a été le moteur de la prospérité et du progrès », a souligné George Bush, invitant le G20 à rejeter «les appels au protectionnisme et au collectivisme ». Cela a conduit les rédacteurs de la déclaration finale à rajouter au dernier moment que les pays s’engageaient à «refuser le protectionnisme ».
Les dirigeants du G20 ont convenu de se retrouver avant le 30 avril 2009 « afin de vérifier la mise en oeuvre des principes de décisions » sur lesquels ils se sont mis d’accord. Le prochain sommet devrait se tenir en Grande-Bretagne, pays qui prend l’an prochain la présidence du G20.
En résumé, ce fameux G20 annoncé à grands coups de tambours et de trompettes a semble-t-il accouché d’une souris. Les marchés devraient le montrer demain.
Jean-Pierre Jouyet nommé à l’ AMF
Ancien directeur du Trésor, ancien bras droit de Jacques Delors à la Commission européenne, Jean-Pierre Jouyet est, à 54 ans, l’artisan principal de la présidence française de l’Union européenne actuelle et un des ministres d’ouverture du gouvernement Sarkozy.
De formation classique énarque, Jean-Pierre Jouyet est connu dans les milieux financiers pour son sérieux et sa maîtrise des dossiers économiques et européens.
Jean-Pierre Jouyet est un partisan de la régulation et c’est sans doute pour cela que Nicolas Sarkozy l’a nommé à la tête de l’ autorité des marchés financiers, en ces temps de retour en grâce de l’ « interventionnisme de l’état ».
On le voit sur la vidéo qui suit dire il y a quelques temps qu’il était à la disposition du président de la république ..
Médiateur du crédit: 10 personnes à son service .. pour quoi faire ?
René Ricol, le médiateur du crédit rendu célèbre par Nicolas Sarkozy dernièrement, disposera d’une équipe d’une dizaine de personnes pour constituer une cellule de veille permanente sur le crédit. Cette cellule identifiera « les éventuels obstacles au crédit et mettra la pression chaque fois que c’est nécessaire » a indiqué la ministre de l’économie Christine Lagarde dans une interview au Parisien.
10 personnes pour obliger les banques à faire quoi ? A proposer du crédit ? Mais à quel taux ?
Ce que ne semblent pas avoir compris Nicolas Sarkozy et son gouvernement c’est que les banques PEUVENT proposer du crédit mais entre le taux auquel elles reçoivent l’argent + leur marge, le taux auquel les banques proposeront le crédit sera complètement dissuasif pour les particuliers et les entreprises.
De plus, en période de crise, un des premiers réflexes du chef d’entreprise est de faire le dos rond et de fonctionner au ralenti, donc de ne surtout pas emprunter pour augmenter sa dette alors que ses rentrées deviennent plus ou moins hasardeuses.
Ces choses sont compréhensibles par n’importe quelle personne ayant déjà travaillé et gagné de l’argent en échangé d’une tâche obtenue après un effort commercial.
Un des principaux problèmes des personnages politiques actuels, que l’on voit bien dans la gestion de cette crise, est qu’ils ignorent visiblement tout de cette « vie » réelle de l’économie ce qui est pour le moins gênant dans une période de crise …